Les confessions d’une sérievore, épisode 2: ces séries que j’adore détester

Tout bon sérievore a une au moins une série qu’il continue à regarder tout en la critiquant incessamment dès que l’occasion s’en présente. Fait-il semblant de la détester pour se donner l’air intelligent/hipster/non-conformiste (barrez toute mention inutile)? Ou a-t-il simplement une capacité de résistance incroyable au déplaisir télévisuel? Je ne saurais répondre pour tous les autres sérievores, mais dans mon cas, je dois admettre qu’il y a une vraie satisfaction à détester, décortiquer et critiquer méthodiquement, point par point, une œuvre de fiction déplaisante. Il m’est donc arrivée régulièrement de continuer à regarder des séries que je considérais comme authentiquement mauvaises pour la simple joie perverse de monter dans ma tête une argumentation assassine. Sacré vice!

Je m’emploierai donc aujourd’hui à vous en dire un peu plus sur ces séries que je prends un malin plaisir à calomnier avec une tasse de rooibos!

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The Buffy Review – Saison 1, épisode 4: virginité, virilité et cannibalisme sexuel

Je vous retrouve aujourd’hui pour la suite de The Buffy Review: et je m’attaque au quatrième épisode, à proscrire pour les entomophobes!

On commence avec une scène pour le moins surprenante: Xander, notre comic release sans réelle aptitude au combat, terrasse des vampires lors d’une soirée au Bronze, devant une Buffy toute énamourée. Il s’agit bien évidemment d’un rêve de Xander, assoupi lors d’un cours de biologie. Le spectateur n’en est certes qu’au tout début de la série, mais il a déjà compris que dans Buffy, les demoiselles ne sont que très rarement en détresse, et qu’elles sont tout à fait capables de se sauver toutes seules. Revenu à la réalité, Xander soupire devant une leçon sur les insectes. Quant à Buffy, elle reçoit, non sans surprise, les encouragements de son professeur, le Dr. Gregory, le premier enseignant à faire preuve de bienveillance à son égard. Pas de bol: on le voit se faire attraper par une créature verdâtre juste avant le générique, et son cadavre décapité sera bientôt retrouvé dans l’établissement.

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The Handmaid’s Tale: du roman contemplatif à la série chorale

Il y a quelques jours, j’ai enfin terminé de regarder l’adaptation de The Handmaid’s Tale, réalisée par Bruce Miller sur la plateforme Hulu. Comme beaucoup de lecteurs et de lectrices, j’ai toujours une petite appréhension avant de me plonger dans l’adaptation d’une œuvre que j’aime, d’autant que, comme je l’avais expliqué dans un précédent article, The Handmaid’s Tale me semblait, en bien des points, inadaptable. Mais une fois le cap du pilote passé, je dois avouer que j’ai avalé les 9 épisodes restants en quelques jours à peine, et que la série m’a laissée une impression très positive. Cependant, je n’estime pas m’être trompée en qualifiant le roman de Margaret Atwood d’inadaptable: en l’état, il l’est. Sa lenteur et son immobilité oppressante sont effectivement impossibles à retranscrire dans une série. L’univers du récit, en revanche, se prête tout à fait à une adaptation, et la série l’a parfaitement repris pour transformer le roman en une œuvre profondément différente, mais d’une grande qualité. Et c’est, à mon sens, le propre des meilleures adaptations: devenir des re-créations, apporter quelque chose de radicalement nouveau à l’œuvre d’origine, sans pour autant la dénaturer.

Attention, cet article contient des spoilers de la série et du roman!

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The Buffy Review : Saison 1, épisodes 1&2

« The Buffy Review »: le comment et le pourquoi

J’inaugure aujourd’hui la rubrique qui est, en vérité, la raison d’être de ce blog, et qui consistera en une série d’analyses personnelles, publiées le plus régulièrement possible, sur chacun des épisodes de Buffy the vampire slayer.

Pourquoi Buffy? Parce qu’il s’agit d’une série importante, fondatrice, puissante, que j’aurais aimé découvrir plus tôt afin qu’elle m’aide à me construire lorsque j’étais adolescente. J’ai entamé le visionnage de Buffy à vingt-cinq ans, par pure curiosité, afin de savoir ce que j’avais pu « louper » au cours de mon enfance sans télévision. Et à chaque épisode, je me suis retrouvée fascinée par la double lecture offerte par la série, par sa justesse et son intelligence. Je l’ai défendue à cor et à cri face à pas mal de membres de mon entourage qui avaient du mal à imaginer que je puisse y voir autre chose qu’un plaisir coupable ; et à chaque fois, pour appuyer mon propos, je tâchais, maladroitement, de décortiquer un des derniers épisodes que j’avais vu afin de prouver que Buffy allait bien au-delà de la simple distraction. Et à force, on a fini par me dire: « tu devrais écrire tout ça, en parler sur un blog. » Ce sera bientôt chose faite 🙂

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The Big Bang Theory: ces « petites » choses qui dérangent

Je sais que je suis loin d’être la seule à avoir complètement arrêté de suivre, depuis plusieurs saisons déjà, The Big Bang Theory, la série star de CBS. Je dois avouer, pourtant, que j’ai fait partie de ces fans inconditionnels qui la conseillaient, au moment des premières saisons, à toutes leurs connaissances en leur affirmant qu’il s’agissait de loin de la meilleure comédie depuis Friends. Et puis au fil des années de visionnage, quelque chose, dans cette série que j’aimais tant, a fini par me mettre mal à l’aise. C’était souterrain, difficile à formuler… Et quand j’ai fini par mettre le doigt dessus, je n’ai plus jamais réussi à la regarder de la même façon: cette série que j’adorais était parsemée de désagréable relents oppressifs et sexistes.

Pour certains.es téléspectateurs.trices, cette prise de conscience est d’une banalité confondante… Mais pour moi, c’est l’épisode 12 de la saison 8 qui a été un véritable déclic. Je reviendrai donc sur cet épisode en particulier avant d’étendre ma réflexion plus généralement à l’ensemble de la série (du moins à ce que j’en connais, puisque je n’ai pas vu les dernières saisons.)

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