De l’intrication du féminisme & de la défense des objets culturels dits « populaires »

Si vous suivez ce blog depuis quelques temps (merci! 🙂 ), vous aurez remarqué qu’il se concentre principalement sur deux axes : le féminisme et les objets culturels considérés comme « populaires » (séries télévisées et « mauvais genres » littéraires, principalement.) J’ai hésité, en créant ce blog, à le restreindre à seulement l’une de ces deux questions, dans un souci de clarté, de « ciblage » du lectorat… J’ai donc procrastiné un moment sur ma « ligne éditoriale » avant de me lancer. Et j’ai finalement décidé de traiter ces deux problématiques quand j’ai pris conscience de leur enchevêtrement. En effet, si les « mauvais genres » et les objets culturels populaires en général bénéficient souvent d’un traitement dédaigneux ou d’une invisibilisation, le phénomène prend une ampleur toute particulière quand on touche à des œuvres assimilées à une culture dite « féminine » : littérature sentimentale, comédies romantiques, magazines féminins, tutos make-up, etc. Dans le grand bain de fange où l’on traîne souvent les objets culturels populaires, les œuvres considérées comme « féminines » sont celles qui raclent le sol de plus près : elles reçoivent à la fois le mépris dû à leur statut « non-académique » et la condescendance misogyne. C’est de cela que je vous propose de discuter un peu dans cet article  – de la façon dont la culture considérée comme « féminine » écope toujours de la double peine.

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Le « Skyler White Effect »: les épouses de fiction ont-elles le droit de ne pas se laisser piétiner?

Cet été, en revenant  de mes vacances champêtres et en découvrant que la nouvelle saison de Better Call Saul était sur le point d’arriver, je me suis replongée, au moins pour quelques épisodes, dans le visionnage de Breaking Bad. Bien entendu, ce n’est jamais la même chose que de revoir, de relire, ou de réécouter une œuvre que l’on a aimée jadis. Comme nous l’investissons de nos valeurs et de notre lecture du monde, nous la percevons toujours de façon nouvelle ; mais je ne vous reparlerai pas ici de la façon dont les lecteurs/spectateurs créent (en partie) les œuvres qu’iels consomment. Je vous parlerai plutôt de ce qui m’a frappée en visionnant cette série pour la seconde fois : l’extraordinaire personnage de Skyler White, et ce qu’il a révélé de notre jugement des femmes, des mères et des épouses dans la fiction.

J’annonce d’emblée que je vais devoir spoiler allègrement pour écrire cet article, alors si vous n’avez pas vu cette excellente série, je vous conseille fortement de vous arrêter là, et de lancer Netflix. Promis, vous ne devriez pas regretter l’expérience 🙂

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Les confessions d’une sérievore, épisode 2: ces séries que j’adore détester

Tout bon sérievore a une au moins une série qu’il continue à regarder tout en la critiquant incessamment dès que l’occasion s’en présente. Fait-il semblant de la détester pour se donner l’air intelligent/hipster/non-conformiste (barrez toute mention inutile)? Ou a-t-il simplement une capacité de résistance incroyable au déplaisir télévisuel? Je ne saurais répondre pour tous les autres sérievores, mais dans mon cas, je dois admettre qu’il y a une vraie satisfaction à détester, décortiquer et critiquer méthodiquement, point par point, une œuvre de fiction déplaisante. Il m’est donc arrivée régulièrement de continuer à regarder des séries que je considérais comme authentiquement mauvaises pour la simple joie perverse de monter dans ma tête une argumentation assassine. Sacré vice!

Je m’emploierai donc aujourd’hui à vous en dire un peu plus sur ces séries que je prends un malin plaisir à calomnier avec une tasse de rooibos!

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The Buffy Review – Saison 1, épisode 5: gender, funérarium et rendez-vous manqué

Bonjour à tous.tes! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article de The Buffy Review, avec un épisode très intéressant sur les identités de genre!

L’épisode commence par une scène de combat nocturne: Buffy, comme souvent, « patrouille » dans les cimetières afin de tuer des vampires, en compagnie de Giles qui commente sa technique. Mais cette fois-ci, quelque chose les interpelle: le vampire en question porte une bague ornée d’un étrange symbole, un soleil et trois étoiles. Comme on l’apprendra bientôt, il s’agit du signe de l’Ordre d’Aurelius, sorte de secte vampirique dédiée à la protection d’un élu puissant, « The Anointed One. » Vous l’aurez compris: tout cela ne présage rien de bon! Mais Buffy, dans cet épisode, a d’autres soucis en tête: elle a fait la connaissance d’un garçon, nommé Owen, qui lui plaît particulièrement, et souhaite sortir avec lui au lieu d’enquêter

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Les confessions d’une sérievore, épisode 1: ces séries que j’ai revues (bien trop) souvent

Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent peut-être: je vous concocte plusieurs articles qui nécessitent un certain nombre de lectures et de recherches avant de pouvoir être écrits, et qui vont donc me prendre un peu de temps. Du coup, afin de ne pas laisser le blog à l’abandon trop longtemps, j’entreprends aujourd’hui de me lancer dans une petite série de billets plus « légers », Les confessions d’une sérievore, dans lesquels je vous parlerai à chaque fois de trois séries tout au plus, et que j’essaierai d’intercaler entre les chroniques sur Buffy (que j’aime toujours autant rédiger même si elles font partie de mes publications les moins lues.) Aujourd’hui, pour inaugurer la rubrique, je m’apprête à vous parler de ces séries mille fois revues, de l’automne à l’été, du petit déjeuner à la tisane nuit tranquille. Il ne s’agit en rien d’un plaisir nostalgique, puisque ayant grandi dans un foyer sans télévision, je n’ai découvert les séries qu’une fois adulte avec l’avènement du streaming. Il s’agira donc dans cet article de vous parler des fictions télévisuelles qui peuplent régulièrement mon écran depuis quelques années seulement, mais que je connais déjà quasiment par cœur et qui ne parviennent pas à me lasser.

Une petite précision avant de commencer: j’emprunte le terme de sérievore (plus amusant que sériephile!) à la chaîne Youtube Les Showrunners, que j’apprécie tout particulièrement, et qui m’a fait découvrir beaucoup de séries vers lesquelles je ne me serais jamais tournée spontanément (un grand merci s’ils passent par là!)

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