Les confessions d’une sérievore, épisode 2: ces séries que j’adore détester

Tout bon sérievore a une au moins une série qu’il continue à regarder tout en la critiquant incessamment dès que l’occasion s’en présente. Fait-il semblant de la détester pour se donner l’air intelligent/hipster/non-conformiste (barrez toute mention inutile)? Ou a-t-il simplement une capacité de résistance incroyable au déplaisir télévisuel? Je ne saurais répondre pour tous les autres sérievores, mais dans mon cas, je dois admettre qu’il y a une vraie satisfaction à détester, décortiquer et critiquer méthodiquement, point par point, une œuvre de fiction déplaisante. Il m’est donc arrivée régulièrement de continuer à regarder des séries que je considérais comme authentiquement mauvaises pour la simple joie perverse de monter dans ma tête une argumentation assassine. Sacré vice!

Je m’emploierai donc aujourd’hui à vous en dire un peu plus sur ces séries que je prends un malin plaisir à calomnier avec une tasse de rooibos!

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The Buffy Review – Saison 1, épisode 5: gender, funérarium et rendez-vous manqué

Bonjour à tous.tes! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article de The Buffy Review, avec un épisode très intéressant sur les identités de genre!

L’épisode commence par une scène de combat nocturne: Buffy, comme souvent, « patrouille » dans les cimetières afin de tuer des vampires, en compagnie de Giles qui commente sa technique. Mais cette fois-ci, quelque chose les interpelle: le vampire en question porte une bague ornée d’un étrange symbole, un soleil et trois étoiles. Comme on l’apprendra bientôt, il s’agit du signe de l’Ordre d’Aurelius, sorte de secte vampirique dédiée à la protection d’un élu puissant, « The Anointed One. » Vous l’aurez compris: tout cela ne présage rien de bon! Mais Buffy, dans cet épisode, a d’autres soucis en tête: elle a fait la connaissance d’un garçon, nommé Owen, qui lui plaît particulièrement, et souhaite sortir avec lui au lieu d’enquêter

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Les confessions d’une sérievore, épisode 1: ces séries que j’ai revues (bien trop) souvent

Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent peut-être: je vous concocte plusieurs articles qui nécessitent un certain nombre de lectures et de recherches avant de pouvoir être écrits, et qui vont donc me prendre un peu de temps. Du coup, afin de ne pas laisser le blog à l’abandon trop longtemps, j’entreprends aujourd’hui de me lancer dans une petite série de billets plus « légers », Les confessions d’une sérievore, dans lesquels je vous parlerai à chaque fois de trois séries tout au plus, et que j’essaierai d’intercaler entre les chroniques sur Buffy (que j’aime toujours autant rédiger même si elles font partie de mes publications les moins lues.) Aujourd’hui, pour inaugurer la rubrique, je m’apprête à vous parler de ces séries mille fois revues, de l’automne à l’été, du petit déjeuner à la tisane nuit tranquille. Il ne s’agit en rien d’un plaisir nostalgique, puisque ayant grandi dans un foyer sans télévision, je n’ai découvert les séries qu’une fois adulte avec l’avènement du streaming. Il s’agira donc dans cet article de vous parler des fictions télévisuelles qui peuplent régulièrement mon écran depuis quelques années seulement, mais que je connais déjà quasiment par cœur et qui ne parviennent pas à me lasser.

Une petite précision avant de commencer: j’emprunte le terme de sérievore (plus amusant que sériephile!) à la chaîne Youtube Les Showrunners, que j’apprécie tout particulièrement, et qui m’a fait découvrir beaucoup de séries vers lesquelles je ne me serais jamais tournée spontanément (un grand merci s’ils passent par là!)

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The Buffy Review – Saison 1, épisode 4: virginité, virilité et cannibalisme sexuel

Je vous retrouve aujourd’hui pour la suite de The Buffy Review: et je m’attaque au quatrième épisode, à proscrire pour les entomophobes!

On commence avec une scène pour le moins surprenante: Xander, notre comic release sans réelle aptitude au combat, terrasse des vampires lors d’une soirée au Bronze, devant une Buffy toute énamourée. Il s’agit bien évidemment d’un rêve de Xander, assoupi lors d’un cours de biologie. Le spectateur n’en est certes qu’au tout début de la série, mais il a déjà compris que dans Buffy, les demoiselles ne sont que très rarement en détresse, et qu’elles sont tout à fait capables de se sauver toutes seules. Revenu à la réalité, Xander soupire devant une leçon sur les insectes. Quant à Buffy, elle reçoit, non sans surprise, les encouragements de son professeur, le Dr. Gregory, le premier enseignant à faire preuve de bienveillance à son égard. Pas de bol: on le voit se faire attraper par une créature verdâtre juste avant le générique, et son cadavre décapité sera bientôt retrouvé dans l’établissement.

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L’hypocrisie du marketing féministe de Godless

C’est avec enthousiasme que j’ai appris, il y a quelques mois, la future sortie de Godless, le « western au féminin » réalisé par Scott Frank pour Netflix. Le pitch de départ, colporté par les différents médias, nous promettait une série féministe du tonnerre: une petite ville, La Belle, subitement privée de sa population masculine par un accident survenu à la mine, devait faire face à l’adversité et se reconstruire grâce à ses femmes. Sur papier, la série paraissait prometteuse. Pourtant, quand j’ai enfin eu l’occasion de la regarder, un vague goût de déception m’a empli la bouche. Mon engouement est retombé comme un soufflé, et pour être tout à fait honnête, je me suis même endormie quelques fois. Je n’ai pas compris immédiatement d’où venait cette déconvenue. Un western féministe, ça avait tout me plaire, n’est-ce pas? Était-ce moi, le problème? Spoiler: non.

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Violence et féminisme dans Big Little Lies

C’est sur le conseil d’une amie que j’ai commencé Big Little Lies, mini-série réalisée par Jean-Marc Vallée pour HBO, et adaptée du roman éponyme de Liane Moriarty. Sur le papier, j’avoue qu’elle ne m’intéressait pas outre mesure: me fiant aux divers résumés disponibles en ligne, je pensais qu’il s’agissait d’une énième mini-série policière comme on en a vu fleurir beaucoup ces derniers temps, et même le casting prestigieux ne m’inspirait pas une grande confiance. Mais j’ai fini par écouter mon amie et par tenter de regarder le premier épisode, un soir, par simple curiosité. Je ne sais plus exactement ce qui m’a fait comprendre que Big Little Lies allait bien au-delà ce que j’avais imaginé, mais il m’est assez vite apparu que j’avais sous-estimé cette œuvre et qu’elle méritait autre chose que mon indifférence.

Big Little Lies, c’est bien plus qu’une mini-série policière dans une petite ville huppée de Californie, où tout le monde a une maison d’architecte, un salaire exorbitant et une vue sur la mer. C’est bien plus qu’une énième histoire de meurtre ou qu’une version améliorée de Desperate Housewives avec casting grand luxe. C’est une série dramatique et sans enquête, un enchaînement de micro-événements qui se rejoignent dans le flot d’une grande violence. Et c’est, surtout, une série très féministe.

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The Handmaid’s Tale: du roman contemplatif à la série chorale

Il y a quelques jours, j’ai enfin terminé de regarder l’adaptation de The Handmaid’s Tale, réalisée par Bruce Miller sur la plateforme Hulu. Comme beaucoup de lecteurs et de lectrices, j’ai toujours une petite appréhension avant de me plonger dans l’adaptation d’une œuvre que j’aime, d’autant que, comme je l’avais expliqué dans un précédent article, The Handmaid’s Tale me semblait, en bien des points, inadaptable. Mais une fois le cap du pilote passé, je dois avouer que j’ai avalé les 9 épisodes restants en quelques jours à peine, et que la série m’a laissée une impression très positive. Cependant, je n’estime pas m’être trompée en qualifiant le roman de Margaret Atwood d’inadaptable: en l’état, il l’est. Sa lenteur et son immobilité oppressante sont effectivement impossibles à retranscrire dans une série. L’univers du récit, en revanche, se prête tout à fait à une adaptation, et la série l’a parfaitement repris pour transformer le roman en une œuvre profondément différente, mais d’une grande qualité. Et c’est, à mon sens, le propre des meilleures adaptations: devenir des re-créations, apporter quelque chose de radicalement nouveau à l’œuvre d’origine, sans pour autant la dénaturer.

Attention, cet article contient des spoilers de la série et du roman!

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The Buffy Review – Saison 1, épisode 3: inceste, sorcellerie et cheerleaders

C’est avec plaisir que je vous retrouve aujourd’hui pour la suite de The Buffy Review, c’est à dire l’analyse du troisième épisode de la série, sobrement intitulé Witch. J’ai mis du temps avant de m’atteler à la tâche, car cet épisode, je dois l’avouer, m’a donné un peu de fil à retordre: il a fallu que j’aille fouiner du côté de la psychanalyse, un domaine qui ne m’est que très peu familier. J’ai tâché de me documenter au mieux, mais je vous prierai néanmoins de vous montrer indulgents avec moi si je ne suis pas suffisamment précise! Et bien entendu, si vous vous y connaissez mieux que moi dans cette discipline, n’hésitez pas à intervenir dans les commentaires 🙂

L’épisode commence façon assez légère. Buffy, toujours partagée entre sa mission de Tueuse et son désir de normalité (comme évoqué dans le premier article), souhaite entrer dans l’équipe des cheerleaders et danse avec ses pompons sous l’air abasourdi de Giles, qui ne comprend pas que l’on puisse s’intéresser à quelque chose d’aussi futile. Buffy souhaite seulement, d’après ses mots, « faire quelque chose de normal. » Ironie du sort: la magie noire en oeuvre à Sunnydale va cette fois-ci justement toucher les cheerleaders.

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The Buffy Review : Saison 1, épisodes 1&2

« The Buffy Review »: le comment et le pourquoi

J’inaugure aujourd’hui la rubrique qui est, en vérité, la raison d’être de ce blog, et qui consistera en une série d’analyses personnelles, publiées le plus régulièrement possible, sur chacun des épisodes de Buffy the vampire slayer.

Pourquoi Buffy? Parce qu’il s’agit d’une série importante, fondatrice, puissante, que j’aurais aimé découvrir plus tôt afin qu’elle m’aide à me construire lorsque j’étais adolescente. J’ai entamé le visionnage de Buffy à vingt-cinq ans, par pure curiosité, afin de savoir ce que j’avais pu « louper » au cours de mon enfance sans télévision. Et à chaque épisode, je me suis retrouvée fascinée par la double lecture offerte par la série, par sa justesse et son intelligence. Je l’ai défendue à cor et à cri face à pas mal de membres de mon entourage qui avaient du mal à imaginer que je puisse y voir autre chose qu’un plaisir coupable ; et à chaque fois, pour appuyer mon propos, je tâchais, maladroitement, de décortiquer un des derniers épisodes que j’avais vu afin de prouver que Buffy allait bien au-delà de la simple distraction. Et à force, on a fini par me dire: « tu devrais écrire tout ça, en parler sur un blog. » Ce sera bientôt chose faite 🙂

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The Big Bang Theory: ces « petites » choses qui dérangent

Je sais que je suis loin d’être la seule à avoir complètement arrêté de suivre, depuis plusieurs saisons déjà, The Big Bang Theory, la série star de CBS. Je dois avouer, pourtant, que j’ai fait partie de ces fans inconditionnels qui la conseillaient, au moment des premières saisons, à toutes leurs connaissances en leur affirmant qu’il s’agissait de loin de la meilleure comédie depuis Friends. Et puis au fil des années de visionnage, quelque chose, dans cette série que j’aimais tant, a fini par me mettre mal à l’aise. C’était souterrain, difficile à formuler… Et quand j’ai fini par mettre le doigt dessus, je n’ai plus jamais réussi à la regarder de la même façon: cette série que j’adorais était parsemée de désagréable relents oppressifs et sexistes.

Pour certains.es téléspectateurs.trices, cette prise de conscience est d’une banalité confondante… Mais pour moi, c’est l’épisode 12 de la saison 8 qui a été un véritable déclic. Je reviendrai donc sur cet épisode en particulier avant d’étendre ma réflexion plus généralement à l’ensemble de la série (du moins à ce que j’en connais, puisque je n’ai pas vu les dernières saisons.)

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