La Luciole Littéraire, épisode #016 : Les Dieux verts (Streetcast)

Aujourd’hui, je me penche dans le streetcast sur une des toutes premières autrices de fantasy en langue française : Nathalie Henneberg, écrivaine qui a longtemps dû se faire passer pour son époux, Charles Henneberg, afin de publier son œuvre dans une sphère littéraire encore aveuglée par les préjugés sexistes. Les Dieux verts est un roman de science-fantasy déroutant et unique, écrit autour de 1955 (soit contemporain de la publication du Seigneur des anneaux en anglais, et quasiment vingt ans avant sa traduction française) et publié pour la première fois en 1961. Il s’agit d’un roman pré-tolkienien, qui n’a pas encore basé ses codes narratifs sur ceux du « père fondateur » britannique, et qui ouvre des possibilités déconcertantes sur ce que le genre aurait pu être, dans une autre réalité. Je salue l’initiative des éditions Callidor, dont le travail d’archéologie de la fantasy nous permet de découvrir des œuvres hors-normes et passionnantes, et je remercie en particulier Thierry Fraysse pour sa préface très intéressante (et très engagée!), sur laquelle je me suis appuyée pour la présentation de Nathalie Henneberg dans cet épisode. J’espère de tout cœur que vous aurez envie de découvrir le catalogue de cette maison à l’issue de ce streetcast – et de vous plonger dans une fantasy archaïque, surprenante et belle.

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La Luciole Littéraire, épisode #014 : La Servante écarlate

Je ne pensais pas dédier un jour un épisode à cette œuvre, dont tout le monde parle depuis son adaptation en série télévisée par Hulu, et qui résonne douloureusement avec notre actualité. D’autant que j’avais déjà abordé ce sujet dans deux articles, Sept lectures favorites en 2017 et The Handmaid’s Tale : du roman contemplatif à la série chorale. Mais dans un contexte où l’accès à l’IVG est de plus en plus mis à mal (je pense aux nouvelles législations des États-Unis), consacrer un épisode du streetcast à La Servante écarlate s’est imposé. J’espère pouvoir vous apporter un point de vue intéressant sur ce roman terrible, qui livre le monologue intérieur d’une femme de plus en plus aliénée par un régime totalitaire qui lui confisque son corps, son esprit et son nom, au point de la réduire à un ventre procréateur.

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Cocooning, bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ?

C’est une lectrice de ce blog (merci à toi, Sarah, si tu passes par ici!) qui m’a donné l’idée de cet article, en commentant mon billet publié l’été dernier Lectures de vacances : le divertissement est-il consensuel ? Je m’attaquais, dans cet article, à l’idée traditionnellement répandue que les lectures d’été doivent être dénuées de tout challenge intellectuel pour pouvoir réellement divertir, et je suggérais qu’il pouvait être tout aussi plaisant de décortiquer une œuvre complexe. Sarah m’objectait dans son commentaire que considérer la littérature comme un divertissement était déjà quelque chose de gênant en soit : et je dois dire que je suis assez d’accord. N’est-ce pourtant pas cette conception de la lecture qui transparaît le plus aujourd’hui sur les réseaux sociaux, la lecture comme détente, comme moment de « hygge » ? Je ne suis pas sûre de pouvoir répondre clairement à cette question, mais j’ai estimé qu’il serait intéressant d’y réfléchir, et d’essayer de mettre des mots sur ma propre expérience de lectrice.

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De l’intrication du féminisme & de la défense des objets culturels dits « populaires »

Si vous suivez ce blog depuis quelques temps (merci! 🙂 ), vous aurez remarqué qu’il se concentre principalement sur deux axes : le féminisme et les objets culturels considérés comme « populaires » (séries télévisées et « mauvais genres » littéraires, principalement.) J’ai hésité, en créant ce blog, à le restreindre à seulement l’une de ces deux questions, dans un souci de clarté, de « ciblage » du lectorat… J’ai donc procrastiné un moment sur ma « ligne éditoriale » avant de me lancer. Et j’ai finalement décidé de traiter ces deux problématiques quand j’ai pris conscience de leur enchevêtrement. En effet, si les « mauvais genres » et les objets culturels populaires en général bénéficient souvent d’un traitement dédaigneux ou d’une invisibilisation, le phénomène prend une ampleur toute particulière quand on touche à des œuvres assimilées à une culture dite « féminine » : littérature sentimentale, comédies romantiques, magazines féminins, tutos make-up, etc. Dans le grand bain de fange où l’on traîne souvent les objets culturels populaires, les œuvres considérées comme « féminines » sont celles qui raclent le sol de plus près : elles reçoivent à la fois le mépris dû à leur statut « non-académique » et la condescendance misogyne. C’est de cela que je vous propose de discuter un peu dans cet article  – de la façon dont la culture considérée comme « féminine » écope toujours de la double peine.

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Les confessions d’une sérievore, épisode 2: ces séries que j’adore détester

Tout bon sérievore a une au moins une série qu’il continue à regarder tout en la critiquant incessamment dès que l’occasion s’en présente. Fait-il semblant de la détester pour se donner l’air intelligent/hipster/non-conformiste (barrez toute mention inutile)? Ou a-t-il simplement une capacité de résistance incroyable au déplaisir télévisuel? Je ne saurais répondre pour tous les autres sérievores, mais dans mon cas, je dois admettre qu’il y a une vraie satisfaction à détester, décortiquer et critiquer méthodiquement, point par point, une œuvre de fiction déplaisante. Il m’est donc arrivée régulièrement de continuer à regarder des séries que je considérais comme authentiquement mauvaises pour la simple joie perverse de monter dans ma tête une argumentation assassine. Sacré vice!

Je m’emploierai donc aujourd’hui à vous en dire un peu plus sur ces séries que je prends un malin plaisir à calomnier avec une tasse de rooibos!

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Les confessions d’une sérievore, épisode 1: ces séries que j’ai revues (bien trop) souvent

Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent peut-être: je vous concocte plusieurs articles qui nécessitent un certain nombre de lectures et de recherches avant de pouvoir être écrits, et qui vont donc me prendre un peu de temps. Du coup, afin de ne pas laisser le blog à l’abandon trop longtemps, j’entreprends aujourd’hui de me lancer dans une petite série de billets plus « légers », Les confessions d’une sérievore, dans lesquels je vous parlerai à chaque fois de trois séries tout au plus, et que j’essaierai d’intercaler entre les chroniques sur Buffy (que j’aime toujours autant rédiger même si elles font partie de mes publications les moins lues.) Aujourd’hui, pour inaugurer la rubrique, je m’apprête à vous parler de ces séries mille fois revues, de l’automne à l’été, du petit déjeuner à la tisane nuit tranquille. Il ne s’agit en rien d’un plaisir nostalgique, puisque ayant grandi dans un foyer sans télévision, je n’ai découvert les séries qu’une fois adulte avec l’avènement du streaming. Il s’agira donc dans cet article de vous parler des fictions télévisuelles qui peuplent régulièrement mon écran depuis quelques années seulement, mais que je connais déjà quasiment par cœur et qui ne parviennent pas à me lasser.

Une petite précision avant de commencer: j’emprunte le terme de sérievore (plus amusant que sériephile!) à la chaîne Youtube Les Showrunners, que j’apprécie tout particulièrement, et qui m’a fait découvrir beaucoup de séries vers lesquelles je ne me serais jamais tournée spontanément (un grand merci s’ils passent par là!)

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