La Luciole Littéraire, épisode #026 : L’Automate de Nuremberg (Streetcast)

Toujours dans la série consacrée aux automates en littérature, je vous propose aujourd’hui de discuter de L’Automate de Nuremberg de Thomas Day, longue nouvelle parue en 2006 dans la revue Bifrost, puis rééditée chez Folio en 2007. Ce texte étonnant présente les journaux intimes de Melchior, un automate joueur d’échecs qui a été libéré de son service par le tsar de Russie, et qui part en quête des secrets de sa conception. Il s’agit d’un texte très introspectif, qui ne s’intéresse pas, cette fois-ci, aux discussions des créateurs de l’être artificiel (contrairement à La Vénus anatomique) mais à l’intériorité de l’automate, au fil de sa pensée, à son altérité. C’est également une expérience littéraire – comment transcrire, en effet, les pensées d’un esprit de rouages ?

Dans cet épisode, je cite :

  • Le Guide steampunk d’Etienne Barillier et Arthur Morgan (ActuSF, 2019.)
  • Frankenstein, de Mary Shelley
  • La Vénus anatomique, de Xavier Mauméjean
  • L’histoire de Kaspar Hauser, « l’orphelin de l’Europe » (je n’ai rien trouvé de plus complet à ce propos que la page Wikipédia.) Sinon, voici un court métrage de Diane Obomsawin (en anglais) inspiré de ce mystère.
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La Luciole Littéraire, épisode #025 : La Vénus anatomique (Streetcast)

Pour continuer la réflexion autour du thème de l’automate en littérature, je vous propose cette semaine de découvrir La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean, paru en 2005, une étonnante uchronie qui mêle des thématiques très steampunk au siècle des Lumières. Mettant en scène le médecin et philosophe Julien Offray de la Mettrie, le concepteur d’automates Jacques Vaucanson, et l’anatomiste Honoré Fragonard, ce texte étonnant, qui joue sur intertextualité de façon ingénieuse, s’intéresse à la création d’une « nouvelle Eve », qui se situe entre l’andréide et la créature de Frankenstein.

Dans cet épisode, je cite :

  • Julien Offray de la Mettrie, La Vénus métaphysique et L’Homme-machine
  • La thèse de l’animal-machine de Descartes, dans la cinquième partie du Discours de la méthode
  • Le Guide steampunk d’Etienne Barillier et Arthur Morgan (ActuSF, 2019.)
  • Pour en savoir plus sur les Vénus anatomiques, des créations de cire apparues en Italie au XVIIIème siècle, je vous recommande la lecture de cet article, basé sur un ouvrage de Joanna Ebenstein (attention cependant aux images qui peuvent s’avérer dérangeantes.)
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La Luciole Littéraire, épisode #024 : Confessions d’un automate mangeur d’opium (Streetcast)

Dans cet épisode, je poursuis la série sur le thème de l’automate en littérature avec un des premiers romans steampunk en langue française : Confessions d’un mangeur d’opium, écrit par Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, et publié en 1999. Ce roman d’aventures passionnant, dans lequel se croient les voix de Margo, comédienne, et de son frère Théo, aliéniste, mêle une réflexion sur la création d’automates tout à fait dans la lignée de L’Eve future avec une exploration des débuts de la psychiatrie. Efficace et bien mené, c’est aussi un texte qui célèbre l’amour de la littérature et des arts du XIXème siècle, et j’espère que vous aurez envie de vous y plonger !

Dans cet épisode, je m’appuie sur Le Guide steampunk, d’Etienne Barillier et d’Arthur Morgan, dans son édition revue et augmentée parue chez ActuSF dans la collection de poche « Hélios » en mars 2019.

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La Luciole Littéraire, épisode #022 : Véra (Streetcast)

Les feuilles tombent, les citrouilles s’illuminent, et les spectres s’échappent de leurs caveaux. Vous l’aurez compris : cet épisode se place sous l’égide du fantastique ! Et pour la première fois depuis le début de ce streetcast, j’ai décidé de vous lire une nouvelle entière. L’heureuse élue s’intitule Véra, et il s’agit, à mon sens, d’un des textes les plus réussis et les plus sombres de Villiers de l’Isle-Adam. Sa première parution date de 1874, dans la revue La Semaine parisienne, et on la trouve désormais dans le recueil Contes cruels. Véra est un chef-d’œuvre de la littérature fantastique : le texte est magnifiquement écrit, l’atmosphère est sensuelle et vénéneuse, les descriptions sont d’une beauté envoûtante. J’espère que ma lecture saura lui rendre justice !

Dans cet épisode, je cite :

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La Luciole Littéraire, épisode #021 : L’Aimée (Streetcast)

J’ai de nouveau été éblouie par une œuvre de Renée Vivien ! Et je suis très contente de vous parler, aujourd’hui, de son roman L’Aimée, réédité dans la collection « Les Plumées » des éditions Talents Hauts. Initialement publié sous le titre Une femme m’apparut..., ce roman superbement écrit s’inspire de la relation amoureuse de Renée Vivien avec Natalie Clifford Barney, autrice et poétesse très influente dans le Paris du début du XXème siècle, qui rassemble autour d’elle tout un cercle d’artistes lesbiennes et multiplie les conquêtes. Il s’agit d’un roman magnifique et sensuel sur le thème de la souffrance amoureuse – et de la guérison. J’espère vous donner envie de le découvrir ! Je vous suggère d’ailleurs de le lire dans le cadre du mois « Octobre Décadent » lancé par Celestial Musae, au sein du challenge « Littérature en mouvement« , qui propose de découvrir un courant littéraire et ses œuvres emblématiques chaque mois. Vous savez que je ne suis habituellement pas très friande de challenges littéraires, mais je trouve celui-ci conçu de manière très intelligente, car il est bien plus focalisé sur la culture littéraire que sur la « performance » et l’engloutissement des pages. Je vous recommande de suivre Celestial Musae ainsi que Madame Irma afin d’en savoir plus ! Les liens dans la suite de l’article.

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La Luciole Littéraire, épisode #020 : Fantastique et Merveilleux (Streetcast)

Dans ce vingtième épisode (déjà!), je vous parle un peu de théorie et littéraire en revenant sur la différence entre fantastique et merveilleux, que j’avais déjà abordée rapidement dans mon épisode consacré à La Vouivre de Marcel Aymé. Je reviens (rapidement) sur l’histoire de ces genres afin de comprendre pourquoi nous les confondons si souvent, et quelles approximations naissent des écarts entre les terminologies anglophones et francophones. J’espère que cet intermède théorique vous intéressera, que vous soyez lecteur.ice de Tolkien comme de Maupassant !

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La Luciole Littéraire, épisode #019 : Le Temps de lire (Streetcast)

Aujourd’hui, dans la lignée de mon ancien article « Cocooning, Bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ? », je vous propose une réflexion sur le temps que nous consacrons à la lecture. Que signifie le fait de prendre ce « temps pour soi » dans nos quotidiens surchargés de notifications ? Et que dire du support Bookstagram, qui esthétise l’acte de lecture et le transforme en moment de « self-care »? Cette pratique est-elle, comme beaucoup de nos comportements, profondément genrée ?

Pour compléter cet épisode, voici quelques sources à consulter :

  • Janice Radway, Reading the romance (non traduit à ce jour)
  • Viviane Albenga, S’émanciper par la lecture
  • Mona Chollet, Beauté fatale et Sorcières
  • Un article du blog Légothèque sur S’émanciper par la lecture
  • Un de mes anciens articles sur les lectures dites « féminines » (entre autres)

Bonne écoute !

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La Luciole Littéraire, épisode #018 : Vie de thésarde (Streetcast)

Aujourd’hui, je ne vous présente pas une œuvre littéraire en particulier, mais je vous parle un peu de mon quotidien de doctorante en littérature ! On me demande souvent ce que je fais réellement de mes journées et à quoi ressemble le travail de recherche en littérature, et j’espère avoir répondu au mieux aux différentes questions que j’ai pu entendre depuis mon inscription en thèse. Bien entendu, je n’ai pas eu le temps d’aborder tous les sujets, mais j’ai essayé de donner une vision globale de ce à quoi peuvent ressembler mes semaines studieuses ! Si cela vous intéresse, je referai peut-être un épisode pour répondre à vos questions 🙂

En attendant, pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus, je recommande le visionnage de la vidéo d’Antitésie que je mentionne dans l’épisode, ainsi que la lecture de cet article concernant l’expérience de la solitude en doctorat de SHS (sciences humaines et sociales), que j’ai trouvé très juste et qui décrit bien certaines des difficultés que je peux rencontrer !

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La Luciole Littéraire, épisode #017 : Célubée (Streetcast)

Le streetcast est de retour après sa pause estivale ! Et dans cet épisode de rentrée, je vous parle de l’une de mes lectures les plus marquantes de cet été : Célubée, un magnifique livre-univers écrit en 1986 par Isabelle Hausser. Roman-fleuve (presque 800 pages!) à la construction vertigineuse, Célubée se déroule dans un Royaume imaginaire aux contours incertains, et présente une fable politique passionnante, qui mêle le récit d’un poète errant aux intrigues d’un prince ambitieux. Si l’on peut le considérer comme un roman précurseur de la fantasy en langue française, il s’agit avant tout, il me semble, d’un texte qui évoque le pouvoir de la fiction, l’intrication complexe du mythe et de l’histoire, du politique et du légendaire. Il s’agit définitivement d’une œuvre qui mériterait d’être redécouverte via une réédition – surtout maintenant que la fantasy française a commencé à développer un véritable lectorat !

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La Luciole Littéraire, épisode #016 : Les Dieux verts (Streetcast)

Aujourd’hui, je me penche dans le streetcast sur une des toutes premières autrices de fantasy en langue française : Nathalie Henneberg, écrivaine qui a longtemps dû se faire passer pour son époux, Charles Henneberg, afin de publier son œuvre dans une sphère littéraire encore aveuglée par les préjugés sexistes. Les Dieux verts est un roman de science-fantasy déroutant et unique, écrit autour de 1955 (soit contemporain de la publication du Seigneur des anneaux en anglais, et quasiment vingt ans avant sa traduction française) et publié pour la première fois en 1961. Il s’agit d’un roman pré-tolkienien, qui n’a pas encore basé ses codes narratifs sur ceux du « père fondateur » britannique, et qui ouvre des possibilités déconcertantes sur ce que le genre aurait pu être, dans une autre réalité. Je salue l’initiative des éditions Callidor, dont le travail d’archéologie de la fantasy nous permet de découvrir des œuvres hors-normes et passionnantes, et je remercie en particulier Thierry Fraysse pour sa préface très intéressante (et très engagée!), sur laquelle je me suis appuyée pour la présentation de Nathalie Henneberg dans cet épisode. J’espère de tout cœur que vous aurez envie de découvrir le catalogue de cette maison à l’issue de ce streetcast – et de vous plonger dans une fantasy archaïque, surprenante et belle.

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