La Luciole Littéraire, épisode #025 : La Vénus anatomique (Streetcast)

Pour continuer la réflexion autour du thème de l’automate en littérature, je vous propose cette semaine de découvrir La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean, paru en 2005, une étonnante uchronie qui mêle des thématiques très steampunk au siècle des Lumières. Mettant en scène le médecin et philosophe Julien Offray de la Mettrie, le concepteur d’automates Jacques Vaucanson, et l’anatomiste Honoré Fragonard, ce texte étonnant, qui joue sur intertextualité de façon ingénieuse, s’intéresse à la création d’une « nouvelle Eve », qui se situe entre l’andréide et la créature de Frankenstein.

Dans cet épisode, je cite :

  • Julien Offray de la Mettrie, La Vénus métaphysique et L’Homme-machine
  • La thèse de l’animal-machine de Descartes, dans la cinquième partie du Discours de la méthode
  • Le Guide steampunk d’Etienne Barillier et Arthur Morgan (ActuSF, 2019.)
  • Pour en savoir plus sur les Vénus anatomiques, des créations de cire apparues en Italie au XVIIIème siècle, je vous recommande la lecture de cet article, basé sur un ouvrage de Joanna Ebenstein (attention cependant aux images qui peuvent s’avérer dérangeantes.)
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La Luciole Littéraire, épisode #024 : Confessions d’un automate mangeur d’opium (Streetcast)

Dans cet épisode, je poursuis la série sur le thème de l’automate en littérature avec un des premiers romans steampunk en langue française : Confessions d’un mangeur d’opium, écrit par Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, et publié en 1999. Ce roman d’aventures passionnant, dans lequel se croient les voix de Margo, comédienne, et de son frère Théo, aliéniste, mêle une réflexion sur la création d’automates tout à fait dans la lignée de L’Eve future avec une exploration des débuts de la psychiatrie. Efficace et bien mené, c’est aussi un texte qui célèbre l’amour de la littérature et des arts du XIXème siècle, et j’espère que vous aurez envie de vous y plonger !

Dans cet épisode, je m’appuie sur Le Guide steampunk, d’Etienne Barillier et d’Arthur Morgan, dans son édition revue et augmentée parue chez ActuSF dans la collection de poche « Hélios » en mars 2019.

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La Luciole Littéraire, épisode #020 : Fantastique et Merveilleux (Streetcast)

Dans ce vingtième épisode (déjà!), je vous parle un peu de théorie et littéraire en revenant sur la différence entre fantastique et merveilleux, que j’avais déjà abordée rapidement dans mon épisode consacré à La Vouivre de Marcel Aymé. Je reviens (rapidement) sur l’histoire de ces genres afin de comprendre pourquoi nous les confondons si souvent, et quelles approximations naissent des écarts entre les terminologies anglophones et francophones. J’espère que cet intermède théorique vous intéressera, que vous soyez lecteur.ice de Tolkien comme de Maupassant !

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La Luciole Littéraire, épisode #016 : Les Dieux verts (Streetcast)

Aujourd’hui, je me penche dans le streetcast sur une des toutes premières autrices de fantasy en langue française : Nathalie Henneberg, écrivaine qui a longtemps dû se faire passer pour son époux, Charles Henneberg, afin de publier son œuvre dans une sphère littéraire encore aveuglée par les préjugés sexistes. Les Dieux verts est un roman de science-fantasy déroutant et unique, écrit autour de 1955 (soit contemporain de la publication du Seigneur des anneaux en anglais, et quasiment vingt ans avant sa traduction française) et publié pour la première fois en 1961. Il s’agit d’un roman pré-tolkienien, qui n’a pas encore basé ses codes narratifs sur ceux du « père fondateur » britannique, et qui ouvre des possibilités déconcertantes sur ce que le genre aurait pu être, dans une autre réalité. Je salue l’initiative des éditions Callidor, dont le travail d’archéologie de la fantasy nous permet de découvrir des œuvres hors-normes et passionnantes, et je remercie en particulier Thierry Fraysse pour sa préface très intéressante (et très engagée!), sur laquelle je me suis appuyée pour la présentation de Nathalie Henneberg dans cet épisode. J’espère de tout cœur que vous aurez envie de découvrir le catalogue de cette maison à l’issue de ce streetcast – et de vous plonger dans une fantasy archaïque, surprenante et belle.

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La Luciole Littéraire, épisode #015 : La Vouivre (Streetcast)

Dans ce quinzième épisode du streetcast, je vous parle d’un roman quelque peu méconnu aujourd’hui, qui réinvente une légende franc-comtoise tout en brossant une peinture de la vie rurale du début du XXème siècle : La Vouivre de Marcel Aymé, paru en 1943. Dans ce roman merveilleux, le personnage de la Vouivre, ancienne divinité païenne et « femme fatale » souvent qualifiée de diabolique, exacerbe les passions des villageois, révélant leur cupidité et leur désirs enfouis. J’espère que cet épisode vous donnera envie de découvrir ce texte un peu oublié, mais qui mérite vraiment d’être mieux connu – ne serait-ce que pour ses très belles descriptions de la nature jurassienne.

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La Luciole Littéraire, épisode #007 : Les Jardins statuaires (Streetcast)

Dans ce nouvel épisode, je vous parle d’une œuvre passionnante et atypique : Les Jardins statuaires de Jacques Abeille, premier tome du Cycle des contrées. Il s’agit d’une œuvre originale et très riche, entre fantasy, surréalisme et conte philosophique. Petit avertissement avant de commencer : il s’agit de mon « épisode de la honte« , puisque je fais une erreur monumentale au début du streetcast (l’œuvre a bien été publiée en 1982, pas en 1882!), et que le frottement de mon gilet contre le micro a occasionné quelques petits bruits désagréables au fil de l’enregistrement! Toutes mes excuses pour ces petits accrocs… J’espère malgré tout que mes bêtises ne vous empêcheront pas de vous intéresser aux Jardins statuaires, car il s’agit d’un texte passionnant qui aborde à la fois la question du choc culturel, de la civilisation, de la place des femmes et de l’organisation des structures familiales, mais aussi des questionnements plus philosophiques autour de la naissance de l’œuvre d’art et du travail de l’écrivain. C’est un récit profondément atypique, qui n’a pas trouvé son public au moment de sa première publication, mais qui a désormais trouvé une résonance particulière chez amateurs de fantasy, et qui nous permet réellement de nous questionner sur les notions de genres et de « mauvais genres. »

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Cocooning, bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ?

C’est une lectrice de ce blog (merci à toi, Sarah, si tu passes par ici!) qui m’a donné l’idée de cet article, en commentant mon billet publié l’été dernier Lectures de vacances : le divertissement est-il consensuel ? Je m’attaquais, dans cet article, à l’idée traditionnellement répandue que les lectures d’été doivent être dénuées de tout challenge intellectuel pour pouvoir réellement divertir, et je suggérais qu’il pouvait être tout aussi plaisant de décortiquer une œuvre complexe. Sarah m’objectait dans son commentaire que considérer la littérature comme un divertissement était déjà quelque chose de gênant en soit : et je dois dire que je suis assez d’accord. N’est-ce pourtant pas cette conception de la lecture qui transparaît le plus aujourd’hui sur les réseaux sociaux, la lecture comme détente, comme moment de « hygge » ? Je ne suis pas sûre de pouvoir répondre clairement à cette question, mais j’ai estimé qu’il serait intéressant d’y réfléchir, et d’essayer de mettre des mots sur ma propre expérience de lectrice.

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Classiques et « mauvais genres »: l’établissement d’un canon littéraire, des bancs de la fac à Booktube

Récemment, Le Parisien a publié un article qui a fait bondir la twittosphère : Salon du Livre Paris: des inconnues devenues stars grâce aux réseaux sociaux. Je vous laisse aller lire le billet si cela vous chante, mais soyez prévenu.e.s, e ne sera probablement pas sans grincements de dents, car on y retrouve une critique extrêmement condescendante de Booktube et de Wattpad, mâtinée de mépris pour les littératures de l’imaginaire, pour young adult, et pour les lectrices en général (car oui, l’article est aussi très sexiste.) Un texte d’autant plus horripilant qu’il effectue des confusions nombreuses (Booktube/Wattpad), propose des définitions bancales montrant une profonde méconnaissance du sujet (notamment en ce qui concerne la dystopie) et dénigre Robin Hobb de façon complètement gratuite (et sans aucun lien avec le thème abordé.) Et je ne vous parlerai même pas des maladresses stylistiques (comme quoi, avoir lu Sagan ne garantit pas de savoir s’exprimer dans un français correct.)

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