La Luciole Littéraire, épisode #020 : Fantastique et Merveilleux (Streetcast)

Dans ce vingtième épisode (déjà!), je vous parle un peu de théorie et littéraire en revenant sur la différence entre fantastique et merveilleux, que j’avais déjà abordée rapidement dans mon épisode consacré à La Vouivre de Marcel Aymé. Je reviens (rapidement) sur l’histoire de ces genres afin de comprendre pourquoi nous les confondons si souvent, et quelles approximations naissent des écarts entre les terminologies anglophones et francophones. J’espère que cet intermède théorique vous intéressera, que vous soyez lecteur.ice de Tolkien comme de Maupassant !

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La Luciole Littéraire, épisode #017 : Célubée (Streetcast)

Le streetcast est de retour après sa pause estivale ! Et dans cet épisode de rentrée, je vous parle de l’une de mes lectures les plus marquantes de cet été : Célubée, un magnifique livre-univers écrit en 1986 par Isabelle Hausser. Roman-fleuve (presque 800 pages!) à la construction vertigineuse, Célubée se déroule dans un Royaume imaginaire aux contours incertains, et présente une fable politique passionnante, qui mêle le récit d’un poète errant aux intrigues d’un prince ambitieux. Si l’on peut le considérer comme un roman précurseur de la fantasy en langue française, il s’agit avant tout, il me semble, d’un texte qui évoque le pouvoir de la fiction, l’intrication complexe du mythe et de l’histoire, du politique et du légendaire. Il s’agit définitivement d’une œuvre qui mériterait d’être redécouverte via une réédition – surtout maintenant que la fantasy française a commencé à développer un véritable lectorat !

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La Luciole Littéraire, épisode #016 : Les Dieux verts (Streetcast)

Aujourd’hui, je me penche dans le streetcast sur une des toutes premières autrices de fantasy en langue française : Nathalie Henneberg, écrivaine qui a longtemps dû se faire passer pour son époux, Charles Henneberg, afin de publier son œuvre dans une sphère littéraire encore aveuglée par les préjugés sexistes. Les Dieux verts est un roman de science-fantasy déroutant et unique, écrit autour de 1955 (soit contemporain de la publication du Seigneur des anneaux en anglais, et quasiment vingt ans avant sa traduction française) et publié pour la première fois en 1961. Il s’agit d’un roman pré-tolkienien, qui n’a pas encore basé ses codes narratifs sur ceux du « père fondateur » britannique, et qui ouvre des possibilités déconcertantes sur ce que le genre aurait pu être, dans une autre réalité. Je salue l’initiative des éditions Callidor, dont le travail d’archéologie de la fantasy nous permet de découvrir des œuvres hors-normes et passionnantes, et je remercie en particulier Thierry Fraysse pour sa préface très intéressante (et très engagée!), sur laquelle je me suis appuyée pour la présentation de Nathalie Henneberg dans cet épisode. J’espère de tout cœur que vous aurez envie de découvrir le catalogue de cette maison à l’issue de ce streetcast – et de vous plonger dans une fantasy archaïque, surprenante et belle.

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La Luciole Littéraire, épisode #007 : Les Jardins statuaires (Streetcast)

Dans ce nouvel épisode, je vous parle d’une œuvre passionnante et atypique : Les Jardins statuaires de Jacques Abeille, premier tome du Cycle des contrées. Il s’agit d’une œuvre originale et très riche, entre fantasy, surréalisme et conte philosophique. Petit avertissement avant de commencer : il s’agit de mon « épisode de la honte« , puisque je fais une erreur monumentale au début du streetcast (l’œuvre a bien été publiée en 1982, pas en 1882!), et que le frottement de mon gilet contre le micro a occasionné quelques petits bruits désagréables au fil de l’enregistrement! Toutes mes excuses pour ces petits accrocs… J’espère malgré tout que mes bêtises ne vous empêcheront pas de vous intéresser aux Jardins statuaires, car il s’agit d’un texte passionnant qui aborde à la fois la question du choc culturel, de la civilisation, de la place des femmes et de l’organisation des structures familiales, mais aussi des questionnements plus philosophiques autour de la naissance de l’œuvre d’art et du travail de l’écrivain. C’est un récit profondément atypique, qui n’a pas trouvé son public au moment de sa première publication, mais qui a désormais trouvé une résonance particulière chez amateurs de fantasy, et qui nous permet réellement de nous questionner sur les notions de genres et de « mauvais genres. »

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De l’intrication du féminisme & de la défense des objets culturels dits « populaires »

Si vous suivez ce blog depuis quelques temps (merci! 🙂 ), vous aurez remarqué qu’il se concentre principalement sur deux axes : le féminisme et les objets culturels considérés comme « populaires » (séries télévisées et « mauvais genres » littéraires, principalement.) J’ai hésité, en créant ce blog, à le restreindre à seulement l’une de ces deux questions, dans un souci de clarté, de « ciblage » du lectorat… J’ai donc procrastiné un moment sur ma « ligne éditoriale » avant de me lancer. Et j’ai finalement décidé de traiter ces deux problématiques quand j’ai pris conscience de leur enchevêtrement. En effet, si les « mauvais genres » et les objets culturels populaires en général bénéficient souvent d’un traitement dédaigneux ou d’une invisibilisation, le phénomène prend une ampleur toute particulière quand on touche à des œuvres assimilées à une culture dite « féminine » : littérature sentimentale, comédies romantiques, magazines féminins, tutos make-up, etc. Dans le grand bain de fange où l’on traîne souvent les objets culturels populaires, les œuvres considérées comme « féminines » sont celles qui raclent le sol de plus près : elles reçoivent à la fois le mépris dû à leur statut « non-académique » et la condescendance misogyne. C’est de cela que je vous propose de discuter un peu dans cet article  – de la façon dont la culture considérée comme « féminine » écope toujours de la double peine.

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Lectures de vacances: le divertissement est-il consensuel?

Il est venu le temps des pique-niques, des barbecues, des piqûres de moustique et des coups de soleil, et avec lui, dans le petit monde littéraire d’internet,  le moment des Summer PAL et des challenges estivaux. Les articles du type « 5 romans à lire cet été » ou « Le top 10 des livres à feuilleter sur la plage » fleurissent dans ma timeline plus vite que les marguerites dans mon jardin, et j’ai décidé de succomber moi aussi à la tendance en vous proposant aujourd’hui un billet pour discuter de ces « lectures de vacances. » Quels livres nous propose-t-on dans ce type de d’articles ? Quels romans associe-t-on à l’idée de détente, de « lecture plaisir », et ce concept même est-il valable? Et pour la touche personnelle : quels livres vais-je mettre dans ma valise cet été?

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Qu’est-ce qu’un « roman de gare »?

Le voici, le voilà! Sonnez hautbois, résonnez trompettes! L’article sur les best-sellers / romans de gare annoncé il y a des mois sur Instagram est enfin arrivé. Enthousiasme.

Celleux qui me connaissent savent bien que cette année, j’ai passé beaucoup, beaucoup de temps dans les gares, et notamment à la Gare du Nord. Celle-ci étant en plein travaux, la seule solution de repli pour ne pas attendre son train debout sous un panneau lumineux est d’aller traîner au Relai et de regarder les livres. C’est ainsi que je me suis aperçue que je n’avais lu, en fin de compte, quasiment aucune des œuvres présentées dans les rayons « meilleures ventes. » Ma curiosité naturelle a fait le reste: que sont, en vérité, les fameux « romans de gare » dont on entend si fréquemment parler comme s’il s’agissait d’un genre littéraire bien défini? De quel bois sont faits ces bouquins censés offrir, d’après l’acception courante, un divertissement facile? Je n’en savais rien. Je me suis donc lancée de le projet de lire plusieurs romans exclusivement trouvés dans les rayons « meilleures ventes » des gares que j’ai fréquentées ces derniers mois (Paris-Nord, Arras, Lille, Paris-Est.) Je ne peux bien entendu pas prétendre avoir fait une enquête exhaustive, mais j’espère que cet article présentera malgré tout quelques éléments de réponse à la question ultime: qu’est-ce qu’un roman de gare (suis-je la seule à me la poser?)

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Classiques et « mauvais genres »: l’établissement d’un canon littéraire, des bancs de la fac à Booktube

Récemment, Le Parisien a publié un article qui a fait bondir la twittosphère : Salon du Livre Paris: des inconnues devenues stars grâce aux réseaux sociaux. Je vous laisse aller lire le billet si cela vous chante, mais soyez prévenu.e.s, e ne sera probablement pas sans grincements de dents, car on y retrouve une critique extrêmement condescendante de Booktube et de Wattpad, mâtinée de mépris pour les littératures de l’imaginaire, pour young adult, et pour les lectrices en général (car oui, l’article est aussi très sexiste.) Un texte d’autant plus horripilant qu’il effectue des confusions nombreuses (Booktube/Wattpad), propose des définitions bancales montrant une profonde méconnaissance du sujet (notamment en ce qui concerne la dystopie) et dénigre Robin Hobb de façon complètement gratuite (et sans aucun lien avec le thème abordé.) Et je ne vous parlerai même pas des maladresses stylistiques (comme quoi, avoir lu Sagan ne garantit pas de savoir s’exprimer dans un français correct.)

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