La Luciole Littéraire, épisode #019 : Le Temps de lire (Streetcast)

Aujourd’hui, dans la lignée de mon ancien article « Cocooning, Bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ? », je vous propose une réflexion sur le temps que nous consacrons à la lecture. Que signifie le fait de prendre ce « temps pour soi » dans nos quotidiens surchargés de notifications ? Et que dire du support Bookstagram, qui esthétise l’acte de lecture et le transforme en moment de « self-care »? Cette pratique est-elle, comme beaucoup de nos comportements, profondément genrée ?

Pour compléter cet épisode, voici quelques sources à consulter :

  • Janice Radway, Reading the romance (non traduit à ce jour)
  • Viviane Albenga, S’émanciper par la lecture
  • Mona Chollet, Beauté fatale et Sorcières
  • Un article du blog Légothèque sur S’émanciper par la lecture
  • Un de mes anciens articles sur les lectures dites « féminines » (entre autres)

Bonne écoute !

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La Luciole Littéraire, épisode #014 : La Servante écarlate

Je ne pensais pas dédier un jour un épisode à cette œuvre, dont tout le monde parle depuis son adaptation en série télévisée par Hulu, et qui résonne douloureusement avec notre actualité. D’autant que j’avais déjà abordé ce sujet dans deux articles, Sept lectures favorites en 2017 et The Handmaid’s Tale : du roman contemplatif à la série chorale. Mais dans un contexte où l’accès à l’IVG est de plus en plus mis à mal (je pense aux nouvelles législations des États-Unis), consacrer un épisode du streetcast à La Servante écarlate s’est imposé. J’espère pouvoir vous apporter un point de vue intéressant sur ce roman terrible, qui livre le monologue intérieur d’une femme de plus en plus aliénée par un régime totalitaire qui lui confisque son corps, son esprit et son nom, au point de la réduire à un ventre procréateur.

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La Luciole Littéraire, épisode #12 : Lire des nouvelles (Streetcast)

Dans ce nouvel épisode, je vous propose un questionnement sur nos pratiques de lecture contemporaines, et notamment sur le quasi-déclin de la nouvelle. Comment se fait-il que cette forme courte ne soit pas préférée au roman, dans un monde où l’on déplore sans cesse le manque de temps ? Pourquoi la nouvelle n’a-t-elle pas naturellement trouvé sa place dans nos existences souvent débordées ? Et n’y aurait-il pas un moyen de concilier l’usage du numérique avec un mode de lecture fragmentaire pour faire entrer plus de littérature dans nos vies ?

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Challenges de lecture : quantité ou qualité ?

Si vous êtes, tout comme moi, familiers de la sphère Booktube et des pratiques de lecture connectées, vous n’avez pas pu passer à côté de la vague des challenges, qu’ils soient saisonniers ou thématiques. Entre le Cold Winter Challenge, le Pumpkin Autumn Challenge ou, plus récemment, le Spring Flower Challenge, tous les moments de l’année sont rythmés pas ces aventures de lecture collective où, sous l’impulsion d’un.e influenceur.se, les lecteurs et lectrices remplissent leurs « menus » et concoctent des piles à lire mûrement réfléchies. Plus ponctuels, les week-ends à mille et les readathons viennent également s’ajouter à l’ensemble, en proposant des « sprints » de lecture très intenses, condensés sur une ou deux journées. Cette pratique du challenge a pour avantage de créer des interactions plaisantes entre lecteurs et lectrices sur des groupes Facebook dédiés (ou sur d’autres supports virtuels) et de recréer une forme de convivialité dans une pratique ordinairement plutôt solitaire. Pour autant, après avoir suivi quelques temps ces différents groupes, j’en suis venue à me demander si ces fameux challenges n’étaient pas, dans leur genre, des manifestations de la « passion accumulatrice » que j’évoquais déjà dans un précédent billet. Les challenges nous inciteraient-ils à valoriser le nombre de pages englouties plutôt que la qualité de l’expérience de lecture ?

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La Luciole Littéraire, épisode #011 : Les Œuvres qui consolent (Streetcast)

Paris est une fête (Ernest Hemingway) en novembre 2015, Notre-Dame de Paris (Victor Hugo) aujourd’hui… Avez-vous remarqué, vous aussi, que depuis quelques années, nous allons collectivement chercher des œuvres littéraires pour répondre aux tristes événements de l’actualité ? Est-ce une stratégie commerciale pour remettre en lumière des œuvres « classiques » et mieux les vendre, ou un véritable besoin de réconfort ? Et que penser des romans « feelgood », censés nous procurer un soulagement immédiat ? Et vous, vers quels œuvres vous tournez-vous dans les moments difficiles ?

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La Luciole Littéraire, épisode #006 : Lire de la poésie (Streetcast)

Dans ce nouvel épisode du streetcast, je change un peu la formule, et au lieu de vous recommander un livre, je vous parle un peu de mes propres pratiques de lecture, et de ma manière de lire de la poésie. Alors que le roman domine aujourd’hui le monde littéraire, je trouve qu’il est important de parler des autres genres et de s’interroger sur la façon dont ils s’intègrent à nos pratiques de lecture contemporaines et très connectées. Je vous parle également du nouveau mouvement des poétesses d’Instagram, que je trouve très intéressant, et qui permet d’insérer des pauses poétiques dans notre quotidien.

J’aimerais beaucoup créer avec vous un challenge autour de la lecture de poésie : nous pourrions nous recommander des recueils, nous échanger nos poèmes favoris, partager nos expériences de lecture, etc. Si l’idée vous intéresse, n’hésitez pas à commenter cet article ou à me contacter sur les réseaux sociaux!

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De l’intrication du féminisme & de la défense des objets culturels dits « populaires »

Si vous suivez ce blog depuis quelques temps (merci! 🙂 ), vous aurez remarqué qu’il se concentre principalement sur deux axes : le féminisme et les objets culturels considérés comme « populaires » (séries télévisées et « mauvais genres » littéraires, principalement.) J’ai hésité, en créant ce blog, à le restreindre à seulement l’une de ces deux questions, dans un souci de clarté, de « ciblage » du lectorat… J’ai donc procrastiné un moment sur ma « ligne éditoriale » avant de me lancer. Et j’ai finalement décidé de traiter ces deux problématiques quand j’ai pris conscience de leur enchevêtrement. En effet, si les « mauvais genres » et les objets culturels populaires en général bénéficient souvent d’un traitement dédaigneux ou d’une invisibilisation, le phénomène prend une ampleur toute particulière quand on touche à des œuvres assimilées à une culture dite « féminine » : littérature sentimentale, comédies romantiques, magazines féminins, tutos make-up, etc. Dans le grand bain de fange où l’on traîne souvent les objets culturels populaires, les œuvres considérées comme « féminines » sont celles qui raclent le sol de plus près : elles reçoivent à la fois le mépris dû à leur statut « non-académique » et la condescendance misogyne. C’est de cela que je vous propose de discuter un peu dans cet article  – de la façon dont la culture considérée comme « féminine » écope toujours de la double peine.

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Lectures de vacances: le divertissement est-il consensuel?

Il est venu le temps des pique-niques, des barbecues, des piqûres de moustique et des coups de soleil, et avec lui, dans le petit monde littéraire d’internet,  le moment des Summer PAL et des challenges estivaux. Les articles du type « 5 romans à lire cet été » ou « Le top 10 des livres à feuilleter sur la plage » fleurissent dans ma timeline plus vite que les marguerites dans mon jardin, et j’ai décidé de succomber moi aussi à la tendance en vous proposant aujourd’hui un billet pour discuter de ces « lectures de vacances. » Quels livres nous propose-t-on dans ce type de d’articles ? Quels romans associe-t-on à l’idée de détente, de « lecture plaisir », et ce concept même est-il valable? Et pour la touche personnelle : quels livres vais-je mettre dans ma valise cet été?

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