La Luciole Littéraire, épisode #022 : Véra (Streetcast)

Les feuilles tombent, les citrouilles s’illuminent, et les spectres s’échappent de leurs caveaux. Vous l’aurez compris : cet épisode se place sous l’égide du fantastique ! Et pour la première fois depuis le début de ce streetcast, j’ai décidé de vous lire une nouvelle entière. L’heureuse élue s’intitule Véra, et il s’agit, à mon sens, d’un des textes les plus réussis et les plus sombres de Villiers de l’Isle-Adam. Sa première parution date de 1874, dans la revue La Semaine parisienne, et on la trouve désormais dans le recueil Contes cruels. Véra est un chef-d’œuvre de la littérature fantastique : le texte est magnifiquement écrit, l’atmosphère est sensuelle et vénéneuse, les descriptions sont d’une beauté envoûtante. J’espère que ma lecture saura lui rendre justice !

Dans cet épisode, je cite :

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La Luciole Littéraire, épisode #020 : Fantastique et Merveilleux (Streetcast)

Dans ce vingtième épisode (déjà!), je vous parle un peu de théorie et littéraire en revenant sur la différence entre fantastique et merveilleux, que j’avais déjà abordée rapidement dans mon épisode consacré à La Vouivre de Marcel Aymé. Je reviens (rapidement) sur l’histoire de ces genres afin de comprendre pourquoi nous les confondons si souvent, et quelles approximations naissent des écarts entre les terminologies anglophones et francophones. J’espère que cet intermède théorique vous intéressera, que vous soyez lecteur.ice de Tolkien comme de Maupassant !

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La Luciole Littéraire, épisode #015 : La Vouivre (Streetcast)

Dans ce quinzième épisode du streetcast, je vous parle d’un roman quelque peu méconnu aujourd’hui, qui réinvente une légende franc-comtoise tout en brossant une peinture de la vie rurale du début du XXème siècle : La Vouivre de Marcel Aymé, paru en 1943. Dans ce roman merveilleux, le personnage de la Vouivre, ancienne divinité païenne et « femme fatale » souvent qualifiée de diabolique, exacerbe les passions des villageois, révélant leur cupidité et leur désirs enfouis. J’espère que cet épisode vous donnera envie de découvrir ce texte un peu oublié, mais qui mérite vraiment d’être mieux connu – ne serait-ce que pour ses très belles descriptions de la nature jurassienne.

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Les lecteurs font-ils les livres?

Récemment, dans le cadre de ma thèse, je suis tombée sur un petit opuscule de Stanley Fish intitulé Quand lire c’est faire: l’autorité des communautés interprétatives. Stanley Fish est un professeur de lettres américain qui, d’après Marc Escola, « n’est autre que […] ‘le professeur de littérature le mieux payé de la planète‘ (le premier sinon le seul ‘littéraire’ à bénéficier d’un salaire annuel à six chiffres en dollars…) et l’homme de toutes les polémiques sur les questions de politique universitaire comme sur les sujets les plus brûlants du débat public nord-américain. » Voilà qui avait de quoi me rendre curieuse: l’ouvrage de Fish a donc fait partie des tous premiers documents que j’ai consultés à la BNF cette année.

Stanley Fish formule la thèse suivante: une œuvre littéraire n’a pas de sens univoque, d’interprétation parfaite et irréfutable; son sens dépend avant tout des lecteurs. C’est la communauté interprétative qui « fait » l’œuvre, qui lui donne un sens. Pour prouver cette théorie, le professeur va faire des expériences sur ses étudiants: et c’est là que ça devient assez rigolo.

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