Lecture & accumulation : peut-on être un lecteur ou une lectrice minimaliste ?

Lecture & accumulation : peut-on être un lecteur ou une lectrice minimaliste ?

Cette année, au moment de la mort de Karl Lagerfeld, nous avons été nombreux.ses à voir passer des photos de sa spectaculaire bibliothèque, empilement impressionnant de centaines de livres rangés d’une manière très esthétique. Lors de la diffusion de ces images, j’ai vu naître, sur les réseaux sociaux, des discussions assez variées, de ceux et celles qui s’extasiaient devant cette architecture bibliophile aux autres qui soulignaient la dimension peu pratique de ce rangement, et aux autres encore qui critiquaient l’extrême matérialisme de ce rapport à la lecture, directement fondé sur la possession. Ces différents échanges m’ont particulièrement intéressée. Le minimalisme est en effet dans l’air du temps : sans même parler de Marie Kondo (dont la démarche n’est d’ailleurs pas tout à fait minimaliste, d’après ce que j’ai compris) ou des autres théoriciens et théoriciennes du rangement, qui ne représentent que la façade « visible » du mouvement, je vois autour de moi de nombreuses personnes qui s’interrogent de plus en plus sur leur rapport à la consommation et aux objets. Et il s’agit, me semble-t-il, d’un questionnement nécessaire : dans un monde qui nous bombarde chaque jour d’incitations à l’achat, qui produit des milliers d’objets jetables, qui suscite des sensations de manque artificielles ou crée insidieusement des complexes pour pousser sans cesse le consommateur et la consommatrice à dépenser tout son salaire dans des babioles ou des cosmétiques, il est indéniablement utile de se remettre un peu en question quand on flanche de désir devant un nouveau gadget technologique ou un nouveau petit carnet. Comment envisager la passion pour la lecture, et le souhait constant d’enrichir sa bibliothèque de nouveaux livres, avec ce questionnement sur la possession matérielle et les habitudes de consommation ?

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La Luciole Littéraire, épisode #006 : Lire de la poésie (Streetcast)

La Luciole Littéraire, épisode #006 : Lire de la poésie (Streetcast)

Dans ce nouvel épisode du streetcast, je change un peu la formule, et au lieu de vous recommander un livre, je vous parle un peu de mes propres pratiques de lecture, et de ma manière de lire de la poésie. Alors que le roman domine aujourd’hui le monde littéraire, je trouve qu’il est important de parler des autres genres et de s’interroger sur la façon dont ils s’intègrent à nos pratiques de lecture contemporaines et très connectées. Je vous parle également du nouveau mouvement des poétesses d’Instagram, que je trouve très intéressant, et qui permet d’insérer des pauses poétiques dans notre quotidien.

J’aimerais beaucoup créer avec vous un challenge autour de la lecture de poésie : nous pourrions nous recommander des recueils, nous échanger nos poèmes favoris, partager nos expériences de lecture, etc. Si l’idée vous intéresse, n’hésitez pas à commenter cet article ou à me contacter sur les réseaux sociaux!

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Cocooning, bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ?

Cocooning, bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ?

C’est une lectrice de ce blog (merci à toi, Sarah, si tu passes par ici!) qui m’a donné l’idée de cet article, en commentant mon billet publié l’été dernier Lectures de vacances : le divertissement est-il consensuel ? Je m’attaquais, dans cet article, à l’idée traditionnellement répandue que les lectures d’été doivent être dénuées de tout challenge intellectuel pour pouvoir réellement divertir, et je suggérais qu’il pouvait être tout aussi plaisant de décortiquer une œuvre complexe. Sarah m’objectait dans son commentaire que considérer la littérature comme un divertissement était déjà quelque chose de gênant en soit : et je dois dire que je suis assez d’accord. N’est-ce pourtant pas cette conception de la lecture qui transparaît le plus aujourd’hui sur les réseaux sociaux, la lecture comme détente, comme moment de « hygge » ? Je ne suis pas sûre de pouvoir répondre clairement à cette question, mais j’ai estimé qu’il serait intéressant d’y réfléchir, et d’essayer de mettre des mots sur ma propre expérience de lectrice.

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Classiques et « mauvais genres »: l’établissement d’un canon littéraire, des bancs de la fac à Booktube

Classiques et « mauvais genres »: l’établissement d’un canon littéraire, des bancs de la fac à Booktube

Récemment, Le Parisien a publié un article qui a fait bondir la twittosphère : Salon du Livre Paris: des inconnues devenues stars grâce aux réseaux sociaux. Je vous laisse aller lire le billet si cela vous chante, mais soyez prévenu.e.s, e ne sera probablement pas sans grincements de dents, car on y retrouve une critique extrêmement condescendante de Booktube et de Wattpad, mâtinée de mépris pour les littératures de l’imaginaire, pour young adult, et pour les lectrices en général (car oui, l’article est aussi très sexiste.) Un texte d’autant plus horripilant qu’il effectue des confusions nombreuses (Booktube/Wattpad), propose des définitions bancales montrant une profonde méconnaissance du sujet (notamment en ce qui concerne la dystopie) et dénigre Robin Hobb de façon complètement gratuite (et sans aucun lien avec le thème abordé.) Et je ne vous parlerai même pas des maladresses stylistiques (comme quoi, avoir lu Sagan ne garantit pas de savoir s’exprimer dans un français correct.)

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