La Luciole Littéraire, épisode #019 : Le Temps de lire (Streetcast)

Aujourd’hui, dans la lignée de mon ancien article « Cocooning, Bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ? », je vous propose une réflexion sur le temps que nous consacrons à la lecture. Que signifie le fait de prendre ce « temps pour soi » dans nos quotidiens surchargés de notifications ? Et que dire du support Bookstagram, qui esthétise l’acte de lecture et le transforme en moment de « self-care »? Cette pratique est-elle, comme beaucoup de nos comportements, profondément genrée ?

Pour compléter cet épisode, voici quelques sources à consulter :

  • Janice Radway, Reading the romance (non traduit à ce jour)
  • Viviane Albenga, S’émanciper par la lecture
  • Mona Chollet, Beauté fatale et Sorcières
  • Un article du blog Légothèque sur S’émanciper par la lecture
  • Un de mes anciens articles sur les lectures dites « féminines » (entre autres)

Bonne écoute !

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Lecture & accumulation : peut-on être un lecteur ou une lectrice minimaliste ?

Cette année, au moment de la mort de Karl Lagerfeld, nous avons été nombreux.ses à voir passer des photos de sa spectaculaire bibliothèque, empilement impressionnant de centaines de livres rangés d’une manière très esthétique. Lors de la diffusion de ces images, j’ai vu naître, sur les réseaux sociaux, des discussions assez variées, de ceux et celles qui s’extasiaient devant cette architecture bibliophile aux autres qui soulignaient la dimension peu pratique de ce rangement, et aux autres encore qui critiquaient l’extrême matérialisme de ce rapport à la lecture, directement fondé sur la possession. Ces différents échanges m’ont particulièrement intéressée. Le minimalisme est en effet dans l’air du temps : sans même parler de Marie Kondo (dont la démarche n’est d’ailleurs pas tout à fait minimaliste, d’après ce que j’ai compris) ou des autres théoriciens et théoriciennes du rangement, qui ne représentent que la façade « visible » du mouvement, je vois autour de moi de nombreuses personnes qui s’interrogent de plus en plus sur leur rapport à la consommation et aux objets. Et il s’agit, me semble-t-il, d’un questionnement nécessaire : dans un monde qui nous bombarde chaque jour d’incitations à l’achat, qui produit des milliers d’objets jetables, qui suscite des sensations de manque artificielles ou crée insidieusement des complexes pour pousser sans cesse le consommateur et la consommatrice à dépenser tout son salaire dans des babioles ou des cosmétiques, il est indéniablement utile de se remettre un peu en question quand on flanche de désir devant un nouveau gadget technologique ou un nouveau petit carnet. Comment envisager la passion pour la lecture, et le souhait constant d’enrichir sa bibliothèque de nouveaux livres, avec ce questionnement sur la possession matérielle et les habitudes de consommation ?

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La Luciole Littéraire, épisode #006 : Lire de la poésie (Streetcast)

Dans ce nouvel épisode du streetcast, je change un peu la formule, et au lieu de vous recommander un livre, je vous parle un peu de mes propres pratiques de lecture, et de ma manière de lire de la poésie. Alors que le roman domine aujourd’hui le monde littéraire, je trouve qu’il est important de parler des autres genres et de s’interroger sur la façon dont ils s’intègrent à nos pratiques de lecture contemporaines et très connectées. Je vous parle également du nouveau mouvement des poétesses d’Instagram, que je trouve très intéressant, et qui permet d’insérer des pauses poétiques dans notre quotidien.

J’aimerais beaucoup créer avec vous un challenge autour de la lecture de poésie : nous pourrions nous recommander des recueils, nous échanger nos poèmes favoris, partager nos expériences de lecture, etc. Si l’idée vous intéresse, n’hésitez pas à commenter cet article ou à me contacter sur les réseaux sociaux!

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La Luciole Littéraire, épisode #005 : Le Mur invisible (Streetcast)

Je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour un nouvel épisode du streetcast consacré à un roman magnifique : Le Mur invisible de Marlen Haushofer, un texte inclassable, entre fiction post-apocalyptique, récit de survie, nature writing, écoféminisme et introspection. J’ai découvert ce roman grâce à Diglee, illustratrice et autrice connue pour son engagement féministe, qui a partagé son coup de cœur pour cette œuvre via Instagram. La recommandation de Diglee a suscité une véritable émulation sur les réseaux sociaux, et ces dernières semaines, j’ai vraiment vu s’accumuler les messages et les stories concernant Le Mur invisible. D’après cet article du Huffington Post, Diglee aurait reçu plus de mille messages de ses abonné.e.s concernant le roman, l’œuvre est passée dans le top des ventes en littérature allemande sur Amazon, et s’est retrouvée très vite en rupture de stock chez Actes Sud, qui a dû commander une réimpression… Le Mur invisible est devenu un véritable phénomène. Et je dois dire que si, par le passé, ces « tendances littéraires » ont pu me rebuter, j’ai été, cette fois-ci, très heureuse que les réseaux sociaux me permettent de découvrir une œuvre aussi prenante et belle. Bookstagram dans tout ce qu’il a de meilleur!

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Cocooning, bookstagram et tasses de thé : la lecture est-elle un divertissement ?

C’est une lectrice de ce blog (merci à toi, Sarah, si tu passes par ici!) qui m’a donné l’idée de cet article, en commentant mon billet publié l’été dernier Lectures de vacances : le divertissement est-il consensuel ? Je m’attaquais, dans cet article, à l’idée traditionnellement répandue que les lectures d’été doivent être dénuées de tout challenge intellectuel pour pouvoir réellement divertir, et je suggérais qu’il pouvait être tout aussi plaisant de décortiquer une œuvre complexe. Sarah m’objectait dans son commentaire que considérer la littérature comme un divertissement était déjà quelque chose de gênant en soit : et je dois dire que je suis assez d’accord. N’est-ce pourtant pas cette conception de la lecture qui transparaît le plus aujourd’hui sur les réseaux sociaux, la lecture comme détente, comme moment de « hygge » ? Je ne suis pas sûre de pouvoir répondre clairement à cette question, mais j’ai estimé qu’il serait intéressant d’y réfléchir, et d’essayer de mettre des mots sur ma propre expérience de lectrice.

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