The Buffy Review : Saison 1, épisodes 1&2

« The Buffy Review »: le comment et le pourquoi

J’inaugure aujourd’hui la rubrique qui est, en vérité, la raison d’être de ce blog, et qui consistera en une série d’analyses personnelles, publiées le plus régulièrement possible, sur chacun des épisodes de Buffy the vampire slayer.

Pourquoi Buffy? Parce qu’il s’agit d’une série importante, fondatrice, puissante, que j’aurais aimé découvrir plus tôt afin qu’elle m’aide à me construire lorsque j’étais adolescente. J’ai entamé le visionnage de Buffy à vingt-cinq ans, par pure curiosité, afin de savoir ce que j’avais pu « louper » au cours de mon enfance sans télévision. Et à chaque épisode, je me suis retrouvée fascinée par la double lecture offerte par la série, par sa justesse et son intelligence. Je l’ai défendue à cor et à cri face à pas mal de membres de mon entourage qui avaient du mal à imaginer que je puisse y voir autre chose qu’un plaisir coupable ; et à chaque fois, pour appuyer mon propos, je tâchais, maladroitement, de décortiquer un des derniers épisodes que j’avais vu afin de prouver que Buffy allait bien au-delà de la simple distraction. Et à force, on a fini par me dire: « tu devrais écrire tout ça, en parler sur un blog. » Ce sera bientôt chose faite 🙂

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Les lecteurs font-ils les livres?

Récemment, dans le cadre de ma thèse, je suis tombée sur un petit opuscule de Stanley Fish intitulé Quand lire c’est faire: l’autorité des communautés interprétatives. Stanley Fish est un professeur de lettres américain qui, d’après Marc Escola, « n’est autre que […] ‘le professeur de littérature le mieux payé de la planète‘ (le premier sinon le seul ‘littéraire’ à bénéficier d’un salaire annuel à six chiffres en dollars…) et l’homme de toutes les polémiques sur les questions de politique universitaire comme sur les sujets les plus brûlants du débat public nord-américain. » Voilà qui avait de quoi me rendre curieuse: l’ouvrage de Fish a donc fait partie des tous premiers documents que j’ai consultés à la BNF cette année.

Stanley Fish formule la thèse suivante: une œuvre littéraire n’a pas de sens univoque, d’interprétation parfaite et irréfutable; son sens dépend avant tout des lecteurs. C’est la communauté interprétative qui « fait » l’œuvre, qui lui donne un sens. Pour prouver cette théorie, le professeur va faire des expériences sur ses étudiants: et c’est là que ça devient assez rigolo.

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The Big Bang Theory: ces « petites » choses qui dérangent

Je sais que je suis loin d’être la seule à avoir complètement arrêté de suivre, depuis plusieurs saisons déjà, The Big Bang Theory, la série star de CBS. Je dois avouer, pourtant, que j’ai fait partie de ces fans inconditionnels qui la conseillaient, au moment des premières saisons, à toutes leurs connaissances en leur affirmant qu’il s’agissait de loin de la meilleure comédie depuis Friends. Et puis au fil des années de visionnage, quelque chose, dans cette série que j’aimais tant, a fini par me mettre mal à l’aise. C’était souterrain, difficile à formuler… Et quand j’ai fini par mettre le doigt dessus, je n’ai plus jamais réussi à la regarder de la même façon: cette série que j’adorais était parsemée de désagréable relents oppressifs et sexistes.

Pour certains.es téléspectateurs.trices, cette prise de conscience est d’une banalité confondante… Mais pour moi, c’est l’épisode 12 de la saison 8 qui a été un véritable déclic. Je reviendrai donc sur cet épisode en particulier avant d’étendre ma réflexion plus généralement à l’ensemble de la série (du moins à ce que j’en connais, puisque je n’ai pas vu les dernières saisons.)

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