Les lecteurs font-ils les livres?

Récemment, dans le cadre de ma thèse, je suis tombée sur un petit opuscule de Stanley Fish intitulé Quand lire c’est faire: l’autorité des communautés interprétatives. Stanley Fish est un professeur de lettres américain qui, d’après Marc Escola, « n’est autre que […] ‘le professeur de littérature le mieux payé de la planète‘ (le premier sinon le seul ‘littéraire’ à bénéficier d’un salaire annuel à six chiffres en dollars…) et l’homme de toutes les polémiques sur les questions de politique universitaire comme sur les sujets les plus brûlants du débat public nord-américain. » Voilà qui avait de quoi me rendre curieuse: l’ouvrage de Fish a donc fait partie des tous premiers documents que j’ai consultés à la BNF cette année.

Stanley Fish formule la thèse suivante: une œuvre littéraire n’a pas de sens univoque, d’interprétation parfaite et irréfutable; son sens dépend avant tout des lecteurs. C’est la communauté interprétative qui « fait » l’œuvre, qui lui donne un sens. Pour prouver cette théorie, le professeur va faire des expériences sur ses étudiants: et c’est là que ça devient assez rigolo.

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