Qu’est-ce qu’un « roman de gare »?

Le voici, le voilà! Sonnez hautbois, résonnez trompettes! L’article sur les best-sellers / romans de gare annoncé il y a des mois sur Instagram est enfin arrivé. Enthousiasme.

Celleux qui me connaissent savent bien que cette année, j’ai passé beaucoup, beaucoup de temps dans les gares, et notamment à la Gare du Nord. Celle-ci étant en plein travaux, la seule solution de repli pour ne pas attendre son train debout sous un panneau lumineux est d’aller traîner au Relai et de regarder les livres. C’est ainsi que je me suis aperçue que je n’avais lu, en fin de compte, quasiment aucune des œuvres présentées dans les rayons « meilleures ventes. » Ma curiosité naturelle a fait le reste: que sont, en vérité, les fameux « romans de gare » dont on entend si fréquemment parler comme s’il s’agissait d’un genre littéraire bien défini? De quel bois sont faits ces bouquins censés offrir, d’après l’acception courante, un divertissement facile? Je n’en savais rien. Je me suis donc lancée de le projet de lire plusieurs romans exclusivement trouvés dans les rayons « meilleures ventes » des gares que j’ai fréquentées ces derniers mois (Paris-Nord, Arras, Lille, Paris-Est.) Je ne peux bien entendu pas prétendre avoir fait une enquête exhaustive, mais j’espère que cet article présentera malgré tout quelques éléments de réponse à la question ultime: qu’est-ce qu’un roman de gare (suis-je la seule à me la poser?)

Paula Hawkins, La Fille du train

filledutrainCelui-ci est une très, très bonne surprise. Comme il s’agit d’un roman policier, je m’attendais à suivre un personnage de flic ou de détective, à résoudre un meurtre, bref, à quelque chose d’assez classique… et j’ai été très agréablement surprise en m’apercevant que ce n’était pas du tout ça. L’histoire nous est contée par Rachel, une femme dépressive et alcoolique depuis son divorce, qui continue de prendre le train chaque jour comme si elle allait travailler afin de cacher à sa colocataire qu’elle est au chômage. Chaque jour, durant ce trajet, elle passe à côté d’une maison parfaitement identique à celle où elle vivait avec son ex-mari (vous voyez, dans ce genre de joli lotissement anglais en briques, à la Privet Drive), et elle observe le couple qui y habite. Ils sont beaux et ils ont l’air fou amoureux: elle se plait à imaginer leur vie, à fantasmer un bonheur parfait. Quand elle apprend, dans les journaux, que la jeune femme du couple a mystérieusement disparu, elle essaie de s’impliquer dans l’enquête et se perd dans tout un jeu de mensonges et de faux-semblants. Je ne vous en révèlerai pas plus afin de ne rien spoiler, mais ce roman m’a vraiment bien plu. Le personnage de Rachel a une grande force pathétique et on se retrouve plongé dans le vertige de sa dépression et de sa dépendance avec une intensité à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Le propos sur le voyeurisme, le plaisir que l’on tire à imaginer les vies des autres, m’a aussi beaucoup parlé (qui n’a jamais élucubré sur les gens croisés chaque jour dans la rue ou dans le métro?), et le roman comprend aussi de très beaux moments de solidarité féminine. Bref, même s’il ne s’agira probablement pas d’une de mes lectures les plus marquantes de l’année, j’ai passé un très bon moment avec ce livre – et je le recommanderais aisément à mes amis amateurs de polar. Je comprends tout à fait que ce roman ait remporté un tel succès, et qu’on en ait fait une adaptation cinématographique (que j’essaierai d’ailleurs de voir quand j’aurais le temps.)

Elena Ferrante, L’amie prodigieuse

l'amie prodigieuseAlerte chef d’œuvre. Rien ne me fait autant plaisir que de voir un roman aussi magnifique atteindre le succès qu’il mérite. Car oui, le succès de la saga d’Elena Ferrante est entièrement mérité, et maintenant que j’ai dévoré les quatre tomes, j’ai envie de bavarder avec tous.tes les inconnu.e.s que je vois le nez plongé dedans lorsque je prends le RER.

L’amie prodigieuse est une grande fresque sociale qui a pour cadre les quartiers très populaires de la ville de Naples. Le récit commence dans les années 1950, alors qu’Elena, la narratrice, et son amie Lila, sont enfants. Toutes deux sont d’excellentes élèves, mais Lila, en particulier, est brillante. Cependant, quand il s’agira d’entrer au collège, les parents d’Elena accepteront de payer les frais de scolarité, alors que ceux de Lila refuseront afin de la faire travailler dans la cordonnerie familiale. De là, leur amitié enfantine sera profondément transformée, et elles vivront, parfois, l’une à travers l’autre, s’opposant puis se confondant. Le récit s’étend sur toute la vie des deux personnages, de leur enfance à leur vieillesse, et on les voit grandir, étudier, se séparer longuement puis se rejoindre, s’opposer, se jalouser, se détester parfois. Leur relation complexe est décrite avec beaucoup de subtilité par Elena Ferrante, et à travers ces deux femmes, surtout, l’autrice peint une société en plein bouleversement, qui se remet difficilement de la Seconde Guerre Mondiale et du fascisme, et voit arriver la naissance des luttes sociales, on y croise des ouvriers en grève aussi bien que des intellectuels communistes et des artistes engagés. Le propos féministe y est particulièrement intéressant et fort: on voit Elena grandir, étudier, découvrir la sexualité, devenir épouse et mère, mais aussi universitaire et autrice, avec toutes les difficultés que ces évolutions engendrent quand on est une femme, et de surcroît une femme issue d’un milieu populaire. Et toujours, comme un reflet inversé, on retrouve Lila, puissante, intelligente, souvent extraordinaire – bien que jamais sortie de son quartier. Je manque de mots pour vous dire à quel point cette œuvre est belle, complète, d’une incroyable densité. Il s’agit définitivement de l’une des lectures les plus intenses et les plus époustouflantes que j’ai pu faire au cours de ces dernières années.

Michel Bussi, Nymphéas noirs

Les-nympheas-noirsCelui-ci… m’est tombé des mains. Littéralement. J’ai passé de nombreuses soirées à essayer de le lire, à parcourir bravement une ou deux pages… et à m’endormir dessus. J’ai ainsi pris un temps fou à lire une soixantaine de pages avant de laisser tomber – tout le contraire d’un page-turner. J’avais été attirée par le fait que l’intrigue se passe à Giverny, et je dois admettre que la description du lieu fait partie des meilleurs atouts du début du roman: l’auteur nous peint habilement le cadre idyllique du village de Monet, mais aussi son déferlement constant de visiteurs, l’arrivée quotidienne d’énormes cars de touristes. Cet aspect-là aurait pu me convaincre de poursuivre. Mais Nymphéas noirs est un roman policier, on se focalise donc avant tout sur le meurtre d’un monsieur et sur les flics qui essaient de le résoudre. Et c’est là que ça pêche. Ce n’était pas cousu de fils blancs, je ne pouvais pas deviner dès les premiers chapitres qui était le meurtrier. Le souci, c’était… que je m’en fichais complètement. Le meurtre de ce quidam était (pour moi) sans aucun intérêt, je n’avais absolument pas envie de découvrir le coupable, ni même d’en savoir plus sur les secrets de cette victime tant la première description qui avait été faite d’elle me semblait fade. Autre problème: l’écriture, que j’ai trouvée maladroite et pleine de clichés. Je me suis d’ailleurs arrêtée au moment du portrait de l’institutrice du village, qui était un festival de stéréotypes, une vision très irritante de lafâme mutine et séductrice qui rend notre cher flic complètement idiot en relevant un peu sa jupe quand elle s’assoit. Bref, celui-ci va bien vite repartir dans la boîte à livres en espérant qu’il trouve un nouveau propriétaire plus emballé que moi.

Guillaume Musso, Central Park

central park*Attention, un mini-spoil se trouve dans cet avis*

Difficile d’écrire un article sur les « romans de gare » sans citer Guillaume Musso et/ou son confrère Marc Lévi.  N’ayant jamais lu quoi que ce soit de cet auteur, je n’avais pas de préjugés particuliers en commençant le roman, et je dois dire que mon avis pourrait se résumer par le terme éminemment poétique de… « mouais. » Central Park commence par une scène digne d’un pilote de série policière: Alice, une flic parisienne, se réveille menottée dans Central Park avec Gabriel, qui affirme être un pianiste américain. On commence par une intrigue policière tout ce qu’il y a de plus classique avant de partir dans une exploration du passé d’Alice et d’aboutir à une conclusion qui m’a semblée trèèèès inspirée de Shutter Island (publié plus de dix ans auparavant.)

J’imagine que l’objectif d’un tel roman est avant tout de tenir par son suspense… Et sur moi, il faut avouer que cela n’a pas pris. J’étais tout à fait disposée à rentrer dans un page-turner, mais je n’ai pas réussi à m’emballer pour celui-là et je me suis même plutôt ennuyée au fil des pages (j’en ai même parfois sauté… Daniel Pennac a dit que j’avais le droit!) Globalement, j’ai trouvé les personnages assez caricaturaux (la-policière-blessée-par-un-passé-douloureux…) et l’intrigue complètement capillotractée. Dommage.

Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert

québertCelleux qui avaient lu mon article sur mes lectures favorites de 2017 savent certainement déjà que je n’ai vraiment, vraiment pas aimé ce livre… J’avoue tout, je l’ai lu l’année dernière, et je ne l’ai pas acheté dans une gare. Mais je l’ai vu dans la plupart des Relais sous la bannière « meilleures ventes », à proximité du tout nouveau La Disparition de Stéphanie Mailer, je me suis donc dit que c’était certainement le bon moment pour en parler. Le pitch du roman est assez attirant: Marcus Goldman, jeune écrivain en panne d’inspiration, se rend chez son mentor Harry et découvre que celui-ci est dans les ennuis jusqu’au cou, accusé du meurtre de la jeune Nola, disparue des années plus tôt. Marcus va donc se lancer dans une enquête pour essayer de disculper Harry – et de trouver la matière de son prochain roman. Avant de commencer mes méchantes critiques, je dois reconnaître que La Vérité sur l’affaire Harry Québert est un vrai page-turner, ce genre de pavés que l’on dévore en quelques jours et que l’on emmène partout sans le sentir peser dans notre sac. On passe par-dessus l’exaspération tant on veut savoir la suite, et puis, une fois le livre définitivement refermé, on se dit que c’était finalement assez mauvais. Je pense que l’on a tous déjà rencontré ce genre de lecture: passionnante mais creuse, un genre de fast-food littéraire qui nous fait très envie sur le coup mais qui finit par rester sur l’estomac. La Vérité sur l’affaire Harry Québert, finalement, c’est un peu comme un repas chez Burger King/McDo/votre fournisseur habituel de junk-food: une fois la faim apaisée, il ne reste plus que l’arrière-goût bien rance de l’huile de friture – assez logique, finalement, vu le temps que l’on passe au diner avec Harry et Marcus.

Pourquoi suis-je aussi méchante avec ce pauvre roman? Qu’est-ce qui m’a tant déplu dans cette œuvre pourtant primée et encensée? Tout d’abord, l’écriture, que j’ai trouvé d’une grande fadeur, et truffée de répétitions, de maladresses, de clichés d’expression. Je suis toujours sidérée qu’un roman aussi peu écrit ait reçu le prix de l’Académie Française (!) Pour moi qui aime par-dessus tout la plume d’un Zola ou d’une Marguerite Yourcenar, Joël Dicker est très loin de ce que j’appellerais « le style »… Mais c’est bien entendu affaire de goût. Plus gênant: les clichés de situation. Les États-Unis sont décrits d’une manière terriblement stéréotypée, et on a le sentiment criant d’être dans le roman d’un Européen qui fantasme les États-Unis (ce qui est en effet le cas, Joël Dicker étant suisse… mais on aurait aimé l’oublier et se croire embarqué par un véritable auteur américain!) Les personnages féminins sont particulièrement creux et la liaison entretenue entre Harry Québert, l’écrivain expérimenté, et la petite Nola de 15 ans, manque profondément de crédibilité et s’enlise dans des passages fleur bleue dégoulinants, et je ne m’attarderai pas sur la nature dérangeante de la relation en question (et le « elle faisait bien plus que ses 15 ans » n’est pas une excuse, merci bien.) J’aurais encore beaucoup de choses à dire sur ce roman, mais dans un souci de concision, je préfère vous renvoyer vers cet excellent article de Syl Cypher, avec lequel je m’accorde à 100%. Bref, vous l’aurez compris: Harry Québert fait partie de ces best-sellers dont je n’ai pas compris le succès! Mais Joël Dicker s’est rattrapé depuis, puisque Le Livre des Baltimore est infiniment meilleur, sensible, bien construit (niveau style, en revanche, rien de nouveau.)

station-335834_1920
Gare du Nord, home sweet home

Alors… Qu’est-ce qu’un « roman de gare »?

Est-ce un polar/thriller? Pas forcément. Il est vrai que la notion d’enquête, de mystère à résoudre, revient dans plusieurs de ces lectures, mais L’amie prodigieuse montre bien que ce n’est pas systématiquement le cas.

Est-ce un page-turner? Pas toujours (ou du moins, pas pour moi.) Si L’amie prodigieuse, La Fille du train et Harry Québert le sont sans aucun doute, les deux autres n’ont absolument pas eu cet effet sur moi. De surcroît, le facteur page-turner n’est pas forcément gage de qualité.

Est-ce un livre divertissant, facile? Non plus! Certaines de ces lectures ne m’ont pas vraiment divertie (Nymphéas Noirs, Central Park), et d’autres n’ont rien eu de « facile » et se sont révélées au contraire d’une grande densité, d’une grande complexité (L’amie prodigieuse.)

Alors qu’est-ce, bon sang? Je ne suis pas sûre que cette mini-enquête puisse me permettre de répondre avec certitude. Mais il me semble que dans chacun des cas, ce sont des œuvres avec des univers bien définis esthétiquement, que l’on peut « cerner » aisément dès le début de la lecture. Peut-être qu’un roman de gare, en fin de compte, c’est tout simplement une évasion, que ce soit dans le temps ou dans l’espace, avec une une identité forte, clairement définie dès la couverture, qui permet à chacun de choisir consciemment et librement sa destination. Et vous, qu’en pensez-vous?

9 réflexions sur “Qu’est-ce qu’un « roman de gare »?

  1. J’ai beaucoup aimé ton article. Quand j’entends roman de gare je repense à mes anciens d’université qui leur proferaient un Mépris sans fond. Du coup, c’est un peu péjoratif pour moi quand j’entends ce terme alors qu’un livre ne se juge pas selon son genre.

    J'aime

  2. Coucou ! J’ai exactement le même avis que toi concernant L’affaire Harry Québert, et ça me rassure, parce que j’ai trouvé peu de blogueurs qui l’aient aussi peu aimé que moi ce livre xD
    Je ne pense pas non plus qu’il y ait de bonne définition de ce terme, parce que ce n’est pas un genre en soi, mais pour moi un « roman de gare » va être multi-genre, en cela qu’il est susceptible d’intéresser un max de lecteurs aux goûts différents, après que ce soit bien ou mal écrit, une lecture facile ou pas, ça dépend des sensibilités de chacun 😀
    Merci pour cet article intéressant :3

    J'aime

    • Merci beaucoup pour ton commentaire! 🙂
      Oui c’est très difficile à définir, en fin de compte! J’aime bien ton idée de multi-genre, il s’agirait donc d’œuvres avec une certaine universalité, c’est une perspective intéressante à laquelle je n’avais pas pensé ^^

      J'aime

  3. Je découvre ton blog…
    Pour moi, les romans présentés ici ne sont pas des romans de gare… Pour moi le roman de gare est celui qu’on ne trouve qu’au relai, et quasiment pas dans une autre librairie : les Harlequin ou assimilés, mauvais espionnage…
    Les livres dont tu parles, bien que lus dans des trains, sont les best-sellers de toutes les librairies. Donc à mon sens, ils ne sont pas des romans de gare mais peut-être des lectures de voyage…

    J'aime

    • Merci Noémie pour ton commentaire très intéressant! 🙂
      Oui je vois bien de quels romans tu veux parler! Mais j’ai remarqué que ces derniers temps, ce ne sont pas du tout ces œuvres-là qui sont mises en valeur dans les Relais. Les rayons sont souvent petits et excentrés, et ce sont vraiment les « meilleures ventes » qui bénéficient de la meilleure exposition, des tables centrales et des bandeaux qui attirent l’œil! D’où le choix de parler de ces romans-là dans cet article. Mais peut-être que justement, les « romans de gare » ont changé au cours de ces dernières années, et que les œuvres dont tu parles (que j’associerais plutôt désormais à des littératures dites « de genre », touchant un public assez ciblé) étaient plus mises en valeur dans les « librairies de gare » auparavant? C’est en tous cas une question à creuser et je te remercie de l’avoir soulevée! ^^

      J'aime

  4. Très intéressant cet article! Et tu as réussi à exprimer très exactement mon ressenti sur « L’Affaire Harry Québert », au passage.
    Pour moi derrière le terme « roman de gare » il y avait une notion de facilité au sens « vite lu, vite oublié », sans grand effort d’originalité ni de style. Au vu de ta sélection, je me dis qu’il faudrait peut-être plutôt y voir une étiquette commerciale: des romans qui sont suffisamment consensuels et accessibles pour avoir un potentiel de vente élevé auprès du public le plus large possible?

    J'aime

    • Merci beaucoup pour ton commentaire Magali! 🙂
      Je vois que nous sommes de plus en plus nombreux.ses à exprimer notre manque d’affection pour « Harry Québert », et voilà qui me soulage bien! ^^
      Je pense en effet que tu as raison, comme le faisait remarquer Noémie dans un commentaire précédent, si les romans de gare étaient auparavant des œuvres aux genres spécifiques (espionnage, roman sentimental…) faits pour occuper l’esprit et non pour développer des qualités littéraires, ils sont devenus tout autre chose aujourd’hui et se confondent avec la catégorie des « best-sellers ». Et si ces « best-sellers » sont, comme tu le dis très bien, généralement assez consensuels et accessibles, faciles à vendre, nous ne sommes jamais à l’abri des « best-sellers surprise », des œuvres qui remportent un succès fulgurant auquel personne ne s’attendait! Harry Potter en est un très bel exemple ^^
      Je te souhaite un très bel été, et à bientôt!

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s