Classiques et « mauvais genres »: l’établissement d’un canon littéraire, des bancs de la fac à Booktube

Récemment, Le Parisien a publié un article qui a fait bondir la twittosphère : Salon du Livre Paris: des inconnues devenues stars grâce aux réseaux sociaux. Je vous laisse aller lire le billet si cela vous chante, mais soyez prévenu.e.s, e ne sera probablement pas sans grincements de dents, car on y retrouve une critique extrêmement condescendante de Booktube et de Wattpad, mâtinée de mépris pour les littératures de l’imaginaire, pour young adult, et pour les lectrices en général (car oui, l’article est aussi très sexiste.) Un texte d’autant plus horripilant qu’il effectue des confusions nombreuses (Booktube/Wattpad), propose des définitions bancales montrant une profonde méconnaissance du sujet (notamment en ce qui concerne la dystopie) et dénigre Robin Hobb de façon complètement gratuite (et sans aucun lien avec le thème abordé.) Et je ne vous parlerai même pas des maladresses stylistiques (comme quoi, avoir lu Sagan ne garantit pas de savoir s’exprimer dans un français correct.)

Mais au-delà de son style douteux et de son mépris affiché, ce que cet article révèle, c’est la fracture réelle, profonde, qui existe, ici en France, entre la littérature dite « générale », socialement valorisée et acceptée, et les « littératures de genre », aussi qualifiées de « mauvais genres », qui englobent le policier, la fantasy, la science-fiction, la romance ou encore le thriller (et j’en oublie.) Je ne saurais encore dire comment cet abîme s’est creusé. Bien que ce soit un des objets de mes recherches, je n’ai pas encore suffisamment élucidé la question pour oser en parler ici. Mais toujours est-il que ce gouffre existe, et bien que la recherche universitaire cherche à le combler depuis ces dernières années en s’intéressant à la fantasy, à la SF et aux genres attachés à la culture dite « populaire » (je vous renvoie au MOOC SF de l’université d’Artois si cela vous intéresse, ou encore au projet LégiPop), la plupart des médias généralistes sont encore en retard et continuent de véhiculer l’idée d’une littérature sacralisée et d’une littérature de bas-étage, de lecteurs avertis et d’adolescents ignorants, abreuvés de « sous-culture. » Quand sortirons-nous enfin de cette dualité stérile? Quand je lis des articles tel que celui-ci, je me dis, hélas, pas tout de suite.

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C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, car ce snobisme littéraire, je l’ai reçu de plein fouet lorsque j’étais adolescente. J’aimais certains « classiques » lus à l’école (notamment Maupassant, Poe, ou Corneille), mais je me tournais en priorité vers les genres de l’imaginaire, et j’aimais par-dessus tout Tolkien, J.K. Rowling et Marion Zimmer Bradley. J’étais déçue que ces genres ne soient jamais étudiés en classe, et surtout, je me heurtais au mépris de certains professeurs de français qui ne comprenaient pas comment une bonne élève pouvait apprécier de telles lectures. Je me souviens notamment de mon professeur de 3ème, monsieur T., qui m’avait humiliée devant toute la classe en critiquant violemment la fantasy après m’avoir rendu une rédaction dans laquelle j’avais glissé quelques touches de merveilleux. Mais ce jour-là, au lieu de me taire comme l’élève sage et plutôt timide que j’étais à l’époque, j’ai répondu à monsieur T. Je l’ai interrompu au milieu de sa diatribe pour lui dire qu’il n’y connaissait rien, qu’il n’en avait apparemment jamais lu et qu’il était, par conséquent, bien mal placé pour critiquer. Défendre la fantasy est devenu, pour moi, une sorte de mission (libre à vous d’insérer ici une musique épique de votre choix.) Bien des années plus tard, j’ai soutenu mon mémoire de master 2 sur la mythologie irlandaise dans la fantasy, et aujourd’hui, je fais ma thèse de littérature comparée sur la réception de la fantasy ne France. Monsieur T. n’a jamais su que son mépris avait, en quelques sortes, suscité une vocation.

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J.R.R. Tolkien

Être une une lectrice de fantasy, et désormais une « aca-fan* », ne m’a jamais empêchée d’apprécier les lectures dites « classiques« : Zola, Colette et Marguerite Yourcenar font partie des auteurs.ices que je chéris le plus au monde, aux côtés de Léa Silhol, de Marion Zimmer Bradley ou de Tolkien. J’apprends par cœur des vers d’Eluard juste pour le plaisir et trouver un Flaubert au fond d’une boîte à livres m’emplit de joie. Le Spleen de Paris, L’œuvre au noir et L’Assommoir font partie, à mes yeux, des plus beaux textes jamais écrits, mais je classe aussi, dans ce panthéon non-exhaustif, Les Lais du Beleriand de Tolkien, La Sève et le Givre de Léa Silhol ou encore les nouvelles de Jean-Philippe Jaworski. La beauté n’a ni genre ni étiquette, elle réduit  toutes nos faibles tentatives de classement à l’insignifiance la plus totale. C’est, du moins, ainsi que j’aimerais voir la littérature – mais force est de constater que les logiques internes aux communautés de lecteurs me donnent tort.

Quand j’ai découvert Booktube, j’ai cru que j’allais enfin pouvoir trouver une conception réellement inclusive de la lecture, détachée de ces hiérarchies injustes. Et il est vrai que tous les « mauvais genres » y sont particulièrement bien représentés – c’était un bonheur, pour moi, d’entendre parler des livres que j’aimais avec autant d’enthousiasme. Mais je me suis aussi retrouvée confrontée à un autre stéréotype qui me posait problème: le rejet très fréquent des « classiques », souvent écartés d’emblée comme ennuyeux, pénibles, sans intérêt. Bien entendu, je ne prétends pas ici que tous.tes les booktubeurs.ses adoptent cette posture, il en existe de nombreux.ses qui ont des lectures très variées et qui, tout comme moi, défendent aussi bien la science-fiction et le polar que les grands romanciers du XIXème siècle. Mais quand j’ai découvert la sphère Booktube, je suis tombée en priorité sur les chaînes les plus célèbres, souvent orientées imaginaire, jeunesse et young adult. Si j’y ai trouvé des recommandations précieuses, j’y ai également entendu des propos qui m’ont déplu concernant les œuvres considérées comme « classiques », systématiquement rangées dans la catégorie « barbante. » Et même quand certains.es booktubeurs.ses, que j’appréciais par ailleurs, sortaient des vidéos spéciales pour parler de leurs « classiques » favoris, l’angle d’attaque était assez fréquemment celui de l’exception: « les classiques sont généralement ennuyeux, sauf ceux-là » (pour caricaturer.)  Je ne jette pas la pierre aux booktubeurs.ses, qui souhaitent « dépoussiérer » la lecture en présentant des œuvres contemporaines, et qui ont sûrement, comme moi, reçu beaucoup de mépris en tant que lecteurs de « mauvais genres » et ont désormais le souhait de renverser la tendance. Mais ces propos sur les « classiques » m’ont fait ressentir à peu près la même chose que pendant mon altercation avec monsieur T., et j’admets m’être déjà désabonnée de chaînes booktube que j’appréciais après avoir entendu ce genre de commentaires dépréciatifs.

Au-delà de ces anecdotes personnelles, ce qui est intéressant, dans tout ceci, c’est avant tout de constater que chaque milieu suscite ses propres normes. En fac de lettres, les amateurs de « littératures de genre » ont, pendant longtemps, été mis à l’écart (c’est en train de changer, mais ce n’est pas le sujet ici), mais dans la sphère Booktube, où ils sont souvent majoritaires, et ils ont recréé leurs propres standards, leurs « contre-classiques. » Je me suis beaucoup intéressée aux vidéos du type « Ces livres que je n’ai pas lus », qui sont très révélatrices: souvent, le/la booktubeur.se évoque avec « honte » (sentiment qui n’a pourtant pas lieu d’être!) les œuvres incontournables qu’il/elle n’a pas encore eu l’occasion de lire. A l’université, on aurait eu honte de ne pas avoir lu L’Éducation sentimentale, ou La Princesse de Clèves (et je parle en connaissance de cause, puisque je ne les ai pas encore lus.) Sur Booktube, on a honte de ne pas avoir lu Percy Jackson, A la croisée des mondes, ou Le Trône de fer. La sphère Booktube a établi ses nouvelles normes, créé ses nouveaux classiques, fixé un « canon », exactement comme l’ont fait les professeurs de lettres du même style que monsieur T. Faut-il donc penser que la création de standards, d’incontournables, de normes, est inévitable? Je n’en sais rien. Mais je trouve qu’il est passionnant d’interroger ces logiques de groupe et d’essayer de comprendre ce qui fait qu’une communauté sacralise certaines œuvres au détriment d’autres, génère ses propres réseaux de références, ses propres critères d’évaluation et d’appréciation des textes.

J’espère, dans ce billet, n’avoir offensé aucun.e lecteur.ice ou booktubeur.se, ce n’est aucunement mon intention et j’apprécie beaucoup tout l’élan qui se créée autour de la lecture grâce à Booktube. D’autant que désormais, après avoir un peu mieux exploré ce réseau, j’ai trouvé des chaînes très éclectiques qui correspondent vraiment à mes attentes, et qui m’ont permis de découvrir des œuvres extraordinaires. Je remercie encore Lemon June pour m’avoir fait redécouvrir Zola, ou Sailor Flo pour ses excellentes vidéos sur la SFFF, Pinupapple pour Nabokov, ou encore Margaud Liseuse pour Les filles sauvages, qui est un des meilleurs romans de littérature jeunesse que j’ai eu l’occasion de lire.

Et vous, êtes vous un.e lecteur.ice de « mauvais genres », de « classiques », ou des deux ? Que pensez-vous du « canon littéraire »? En avez-vous assez, vous aussi, des catégories et des cases? 🙂

* aca-fan: contraction de « academic » et de « fan », terme créé par Matt Hills pour désigner les universitaires qui se définissent aussi comme fans des objets qu’ils étudient. Voir Fan Cultures, 2002.

21 réflexions sur “Classiques et « mauvais genres »: l’établissement d’un canon littéraire, des bancs de la fac à Booktube

  1. Il ne faut pas oublier de remettre les choses en contexte : la situation des littératures de genre en France a connu trois grands tournants, l’un après la première guerre mondiale, l’autre après la seconde, le troisième lors de la révolution philosophique française. Les littératures du merveilleux scientifique/s-f/fantastique/fantasy ont connu une période faste avant WW1 mais cette dernière brise l’élan et entraine un rejet notamment du positivisme qui sous-tendait pour part non négligeable le merveilleux scientifique.
    Ensuite viens la seconde guerre mondiale et là… entre la collaboration plus ou moins marquée de certains auteurs des « mauvais genres » (Simenon, Barjavel, …), les orientations très différentes des élites d’après guerre, centrées plus sur la politique contemporaine (Malraux, …).
    En outre les littératures de genre sont adoptées par la littérature jeunesse et en particulier la BD : cela contribue encore plus à les éloigner des élites alors que les premiers Goncourt portaient autrefois des oeuvres de ces genres au panthéon des auteurs…
    Vient après cela la nouvelle philosophie française, qui « culmine » avec le post-modernisme qui est profondément opposé aux récits SFFF.
    Alors c’est très résumé et sans doute criticable comme description de l’évolution, mais je pense que c’est une bonne base pour comprendre le phénomène au niveau des « élites » de l’édition et de la critique, à quoi s’ajoute une bonne dose d’hypocrisie (cf Bernard Werber qui n’écrit officiellement pas de science fiction…) .

    Après viens la réaction personnelle du lecteur face au concept de classiques. Là je ne peux donner que mon expérience personelle :
    Comme tu le sais je lis beaucoup, depuis très longtemps, mais il est vrai aussi que je lis par phases : une période je lis beaucoup d’un genre, puis d’un autre… Comme j’ai souvent choisi mes lectures moi-même cela a conduit à un parcours éclectique comprenant relativement peu de « classiques » parce que les thématiques abordées d’après les 4ème de couverture ne m’intéressaient tout simplement pas. Zola ? Quelques extraits. Balzac ? A part les Chouans pas grand chose. Voltaire, Pascal, Rousseau ? Des extraits en secondaire. Le Rouge et le Noir ? Je n’ai pas pu le finir, me déplaisait trop.
    A côté de cela j’ai dévoré Alexandre Dumas père, les romans de cape et d’épée ou d’aventure de Stevenson, Féval ou encore Defoe : ce furent mes principaux compagnons entre 10 et 14 ans.
    Plus jeune j’ai dévoré du policier et de l’aventure jeunesse : Michel, les 4 as, le club des 5, les 6 compagnons, le clan des 7, …
    Vers mes 12 ans j’avais épuisé la bibliothèque communale section jeunesse donc on m’a ouvert les portes de la section adulte : j’ai découvert Stephen King, Dean R. Koontz, Marion Zimmer Bradley, Frank Herbert, Jules Verne… Mais aussi Maurice Leblanc, dans un tout autre registre, ainsi que Simenon ou encore Stephane Steeman.
    Mais à 14 ans on m’a aussi offert un roman de Tom Clancy, A la poursuite d’Octobre Rouge : dès lors j’ai commencé aussi à lire des techno-thrillers, passant à l’anglais à 15 ans et en lisant de plus en plus : outre Clancy il y a Stephen Coonts, Dale Brown, et bien d’autres.
    Evidemment avec mes études universitaires je me suis ensuite plongé dans les textes antiques, et progressivement de plus en plus de romans liés à l’Antiquité : Mémoires d’Hadrien de Yourcenar ou Les Perses d’Eschyle, même combat. A cela se sont ajoutés au fil des ans des auteurs comme Glyn Iliffe, Christian Cameron, Steven Pressfield, …
    Vers 22 ans j’ai ajouté à cela du Jacqueline de Romilly et du Constantin Cavafys, accompagnant ces découvertes de lectures de Marc Aurèle. C’est aussi vers cette période que j’ai commencé à lire énormément de romans d’aventure pseudo-historiques : Clive Cussler, Dan Brown, David Gibbins, … Tout en m’attaquant en parralèle à de grands noms de la SF : Asimov (j’en avais déjà lu mais peu), Clarke,… et de la Fantasy : Feist, Hobb, mais aussi du Lovecraft ou du Howard.
    Aujourd’hui à 35 ans (enfin c’est dans 3 jours :p) j’ai ajouté à cela d’autres auteurs à l’instar de Borges ou de Manguel, mais très peu de classiques à proprement dit.
    Cette construction très personelle et très hétéroclite fait que je suis parfois mal à l’aise lors de colloques ou de discussions car je n’ai jamais lu de China Mieville (quoique là on viens de m’en offrir pour mon anniversaire) ou de J.G. Balard par exemple, pour des classiques de « mauvais genres », mais je n’ai pas « honte ». Et face à des amis qui me parlent de Hugo (dont je n’ai lu que des fragments) je réagis en parlant d’auteurs comme Charles Stross : on apporte chacun quelque chose à l’autre.

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    • Je te remercie beaucoup pour ton témoignage! Tu fais vraiment partie de ces lecteurs très éclectiques qui ne discriminent pas les genres, et la diversité de tes lectures fait plaisir à voir. Bien entendu, tous les livres ne peuvent pas nous plaire, mais ne pas se sentir limité dans ses choix est très important! Et je crois malheureusement que certains.es lecteurs.ices se « limitent » à cause des stéréotypes véhiculés sur les genres littéraires, quels qu’ils soient. C’est dommage, la lecture nous réserve tant de belles surprises!
      Ta synthèse historique sur le rejet des littératures de genre est très intéressante. C’est une question complexe, beaucoup de facteurs rentrent en compte et je ne souhaitais pas développer cela dans cet article (qui serait devenu un roman fleuve!) En plus de ce que tu décris sur le rejet du positivisme, on voit apparaître au XIXème siècle une séparation entre deux conceptions du métier d’auteur, l’une, plus proche de l’artisanat, qui met en valeur un « savoir-faire » de l’écrivain, et l’autre, plus élitiste, qui voit l’écriture comme un art qui ne peut être « mis en méthode », dénué de toute considération marchande. Les auteurs de littératures de genre ont souvent été associés à la branche « artisanale. » Je simplifie, mais j’ai entendu une communication très intéressante à ce sujet lors d’un colloque l’année dernière, et je pense que cela mérite d’être creusé!
      Je te souhaite de très belles lectures et te dis à bientôt 🙂

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      • Je t’en prie, c’est un plaisir que d’échanger sur le plaisir de la lecture 🙂
        Pour en revenir à la question des phases de lectures, c’est en partie lié à l’aspect (que certains disent plus masculin que féminin sur base d’études marketing) séries. En effet souvent si je découvre un auteur je vais lire toute une série d’ouvrages se déroulant dans un même univers plutôt que des livres en un épisode, ou alors toute la bibliographie de l’auteur : souvent je regarderais après ce qui sort dans la série/de cet auteur et l’acquerrais mais cela risque de passer du temps dans ma PAL parce que je suis dans une autre phase.
        Pour la synthèse, c’est effectivement complexe et bien sur ce n’est valable que pour la France : typiquement en Belgique, pourtant voisine, nous avons déjà une autre approche même si nous avons Amélie Nothomb (dont ce que j’avais lu en secondaire m’avait insupporté, au point que je n’en ai plus rouvert depuis) : c’est en partie lié à l’existence de collections comme celles de l’éditeur Marabout (Bob Morane, …) qui avait une grande ouverture sur les littératures de genre jusqu’à son absorption par Hachette dans les années 80.
        Enfin note que si je suis éclectique il y a des choses qui ne passent pas : la bit-lit (j’ai lu un peu de Karen Chance notamment) ou la romance font parties de ces lectures que je n’entame pas :p

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  2. Bonjour
    En ce qui concerne l’émergence de normes ou de standards au sein des différentes communautés, je pense que cela répond au moins en partie à la nécessité de se déterminer par rapport à l’extérieur: identifier ce qui est « soi » et ce qui est « autre » y participe.
    Personnellement comme Eumène je lis le même genre par période, et je crois que ma prochaine réflexion consistera à me demander pourquoi!

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire! 🙂
      Tu as raison, je pense qu’il y a un certain confort à se définir comme amateur d’un genre, à se construire une identité de lecteur.ice qui soit fixe et bien déterminée. Mais comme nous le montre bien Eumène, une identité de lecteur peut être diversifiée et multiple!
      La question de la lecture par périodes est très intéressante! J’ai aussi eu, par le passé, des « phases » où je me focalisais sur un genre, un auteur, un thème, une époque… Maintenant, c’est plutôt le contraire, « j’échantillonne », je vais piocher dans des domaines très différents! Pourquoi? Je ne sais pas non plus, mais cela mériterait une réflexion plus poussée ^^

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  3. Merci beaucoup dans cet article, dans lequel je me reconnais énormément! J’ai eu une adolescence baignée dans le thriller et la fantasy, tout en appréciant beaucoup les classiques découverts au lycée. À l’université, je me suis parfois sentie peu à ma place parmi les étudiants en lettres, tant parce que je m’intéressais à des genres encore peu académiques à l’époque que parce que je les préférais parfois aux grands auteurs. Heureusement, j’ai eu l’occasion d’étudier un an en Angleterre qui est beaucoup plus ouverte. Et comme toi j’ai essayé de mettre mes études au service de mes intérêts avec un mémoire sur les réécritures de contes 😁.
    Maintenant en tant que blogueuse je me sens toujours soit trop, soit pas assez… pas assez branchée YA et trop amatrice de romans à forte dimension réflexive pour bon nombre des lecteurs de blog, pas assez experte en SFFF pour les vrais connaisseurs, mais déjà trop pour les puristes de la blanche auprès de qui cela me décrédibilise…

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire Magali! 🙂
      Je partage ton sentiment d’être parfois « coincée entre deux mondes », entre plusieurs sphères littéraires hermétiques… Mais je suis persuadée tout ceci changera, et que c’est justement à nous de défendre une conception de la lecture vaste et éclectique! L’université française s’ouvre de plus en plus aux littératures « de genre », l’université d’Artois a ouvert un master de littérature jeunesse, des MOOCs sur la SF et sur la fantasy… Tout ceci évolue positivement même s’il y a encore des résistances ^^
      A bientôt j’espère! 🙂

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      • Vive l’Université d’Artois! J’ai fait leur MOOC fantasy l’année passée et celui sur la SF va y passer aussi:-D. Et dans mon uni d’origine (L’uni de Lausanne en Suisse) il y a un séminaire sur Lovecraft ce semestre. La cause progresse:-)

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      • Oh j’ignorais que l’université de Lausanne s’y mettait aussi! C’est une excellente nouvelle 🙂
        J’ai aussi suivi le MOOC fantasy, et je me suis inscrite au MOOC SF! On se retrouvera sûrement sur le forum ^^

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  4. Merci pour ce merveilleux billet ! On en parle jamais de cette grosse problèmatique de hiérarchiser les genre. Et comme tu le dis si bien, quand l’un repousse l’autre, l’autre repousse l’un. Du coup on en revient toujours au même. Dès que je dis que je lis beaucoup de classique je suis considérée comme une personne condescendante, qui se vante alors que je lis aussi beaucoup de fantastique et de plein de genre. Je ne cloisonne plus comme quand j’avais 15 ans. D’ailleurs, les livres m’ayant donné envie de lire c’est la saga Twilight, alors même si j’ai revu ma position et que je ne sacralise plus cette série, elle fut quand même l’ouverture à ma passion première. Ce qui m’énerve sincèrement c’est que personne n’essaie de s’ouvrir aux gouts des autres, que les préjugés prennent trop de place. Alors merci pour tes recherches, cet article était magnifique !

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire et tes compliments qui me touchent beaucoup! 😀
      Je crois que nous sommes nombreux.ses à se sentir jugés dans nos lectures, quels que soient les genres que nous lisons. S’intéresser à des œuvres diversifiées est pourtant un grand atout et un enrichissement! J’ai moi aussi aimé Twilight lorsque j’étais plus jeune (surtout le premier tome, j’avais été déçue par les autres.) Et même si aujourd’hui j’ai remis en cause cette œuvre et les valeurs qu’elle transmet, je ne me permettrais jamais de mépriser les lecteurs de cette saga! J’essaierais plutôt d’engager une conversation sur la figure du vampire en littérature, de discuter, d’échanger. Tout serait tellement plus simple si nous arrêtions de faire de la littérature un marqueur social (soit « élitiste », soit « populaire ») et si nous l’embrassions dans sa pluralité! 🙂

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  5. Pétard, je crois que c’est l’un des meilleurs articles que j’ai lu sur un blog littéraire depuis… je ne sais pas oO
    C’est un sujet foutrement intéressant mais aussi très difficile et je trouve que t’en sors avec les honneurs !
    Personnellement avant je faisais partie de ceux que les classiques rebutent, je ne lisais que des polars et de la fantasy et je considérais le reste comme « trop difficile » à lire (et quand j’y repense aujourd’hui je suis affligée xD) puis un jour pour le lycée j’ai dû lire Les liaisons dangereuses et ce livre, puis d’autres auteurs ensuite (comme Jane Austen et Virginia Woolf) a incroyablement élargi mon horizon de lectrice.
    Aujourd’hui je lis de tout, vraiment tout, même si j’ai gardé un intérêt plus prononcé pour la fantasy 😛 Je ne pense pas appartenir à une « case » mais c’est certain qu’il y en a malheureusement.
    En tout cas, merci beaucoup pour cet article, il mérite d’être connu 😀
    Bonne soirée 🙂

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    • Oooh merci beaucoup pour ce commentaire, tes compliments me touchent beaucoup! 😀
      Ton blog illustre bien ce que tu dis, je trouve que tu y présentes des œuvres de tous genres et de toutes sortes! J’espère que le monde littéraire du futur sera ainsi, ouvert à tous les styles 🙂
      Bonne soirée à toi également, à bientôt j’espère!

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      • C’est super gentil !!!!!!!!!!!!!!!! Merci d’apprécier mon blog, ça me fait trop plaisir !
        J’essaye effectivement d’y présenter un maximum de choses, bien que ce soit surtout les livres qui m’ont le plus plu (même s’il m’arrive de faire des chro un peu assassines :P) du coup ça fait une sorte de patchwork d’un peu de tout… mais je m’y sens bien 😀
        Et je me sens aussi très bien sur le tien ^^
        Bisous !

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  6. Merci, merci, merci !
    Je me retrouve totalement dans ton article et ça fait du bien de ce dire que l’on peut trouver se genre de contenu sur l’internet !
    Effectivement, on ne devrait pas se mettre dans des cases… Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’aligner mon discours à la personne en face de moi car lorsque j’essaye d’évoquer des classiques (ou de la littérature dite blanche) avec les membres de mon club de lecture (qui sont du genre « booktube ») je suis face à un mur… L’inverse est tout aussi vrai !
    Et c’est pesant ! Parce que, oui ! J’adorerais faire des parallèles entre les deux, ou passer de l’un à l’autre dans une conversation …
    (D’ailleurs, j’ai une rubrique qui s’appelle « Les livres des autres » sur mon blog, j’y interroge des gens sur leur trois lectures marquantes, je serais intriguée de connaître tes choix, si cela t’intéresse 🙂 )

    Léa

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire! 🙂
      Et oui, malheureusement je crois que nous sommes souvent confronté.e.s à ces différents préjugés selon les groupes que nous fréquentons! J’ai rencontré beaucoup de réfractaires aux littératures « de genre » lorsque j’étais étudiante en lettres, puis beaucoup d’allergiques aux classiques dans les communautés de lecteurs en ligne… Alors que nous aimerions tout concilier! Un jour, certainement ^^
      J’ai découvert ton blog avec plaisir et je serais très contente de participer à ta rubrique! 🙂
      A très bientôt ^^

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  7. Merci beaucoup pour cet article très inspirant ! Personnellement, je lis des genres littéraires complètement différents. Même si j’affectionne tout particulièrement la littérature du XIXe, j’adore également les romans fantasy et fantastiques, et tout récemment je me suis mise à la SF. Pendant longtemps je n’osais pas dire que j’aimais certains livres que l’on aurait pu qualifier de « populaires ». Inconsciemment, j’avais peur d’être mal jugée. Puis j’ai découvert Booktube et les blogs littéraires, et ça m’a complètement « décoincé ». Aujourd’hui, je lis ce que je veux et je me fiche de ce qu’on peut penser. La lecture est avant tout une affaire de plaisir.
    Pourtant, en découvrant Booktube, j’ai aussi pris conscience de cette guerre des genres littéraires, qui est toujours plus ou moins là en trame de fond. L’expression même de « classique » me gène, parce il y a toute une connotation un peu « snob » derrière. Je préfère dire que j’aime la littérature naturaliste ou le théâtre du XVIIe. « Classique » renvoie à tellement de mouvements littéraires différents que ça en perd tout son sens.
    Sinon, ton article m’a rappelé que cette opposition entre Littérature classique et littérature « populaire » n’est pas d’aujourd’hui. Déjà en au XIXe siècle, des auteurs comme Stendhal, Balzac ou Georges Sand (que j’aime beaucoup soi dit en passant) dénonçaient les romans feuilletons, qu’ils qualifiaient de romans de femmes de chambre, c’est-à-dire des romans qui font un usage très excessif du romanesque, des rebondissements, l’objectif étant de donner des émotions fortes aux lecteurs, qui étaient essentiellement des lectrices (Sur ce point, je te conseille le très bon article de Catherine Mariette : http://ouvroir-litt-arts.univ-grenoble-alpes.fr/revues/reserve/238-qu-est-ce-qu-un-roman-pour-femmes-de-chambre). Dans la même lignée au XXe siècle en Angleterre, Hoggart, dans The Uses of Literacy, étudie les pratiques culturelles de femmes des Midlands. Contrairement aux idées reçues qui faisaient de ces lectrices de romans-feuilletons des lectrices naïves, Hoggart est l’un des premiers à montrer qu’elles savent très bien prendre du recul par rapport à ce qu’elles lisent et qu’elles interprètent les histoires à leur sauce. Il a ainsi initié l’étude des romans-feuilletons comme genre littéraire.
    Comme quoi cette bataille entre littérature « classique » et littérature « populaire » n’est malheureusement pas près de s’arrêter ^^

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    • Merci à toi pour ce commentaire passionnant! 🙂
      Je suis tout à fait d’accord concernant le terme de « classique », que je n’affectionne pas beaucoup et qui, pour moi, ne veut pas dire grand chose! Je le mets presque toujours entre guillemets car je ne le trouve pas du tout satisfaisant. Ce sera d’ailleurs peut-être le sujet d’un futur article, il faut que j’y réfléchisse! ^^
      Ce que tu dis sur le roman-feuilleton me fait penser à l’article de Sainte-Beuve sur la littérature industrielle! En effet le « mépris » de certains genres littéraires n’est pas du tout quelque chose de récent et la distinction littérature savante/populaire remonte à loin. Je vais aller lire de ce pas l’article dont tu m’as gentiment donné le lien et dont le sujet m’intrigue beaucoup! Le projet LégiPop organise pas mal de colloques et de journées d’études concernant cette question de la « légitimité » culturelle, et ce que tu me dis ici me rappelle ce que j’ai pu entendre quand j’y suis allée (https://legipop.hypotheses.org/). Ce sont des questions que je trouve très intéressantes!
      Au plaisir de te recroiser sur le blog pour de nouvelles discussions littéraires 🙂

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  8. Merci pour ce passionnant billet, que l’on vient à peine de me signaler. Etrange (mais logique ?) plaisir à voir citer l’un de mes petits romans aux côtés de certains grands noms. Logique = ils font tout autant partie, justement, des plumes qui ont bercé ma vie, et donc par contrecoups évidement influencé mon travail ? La splendide Yourcenar… ah… Zola le bien-aimé… l’irremplaçable Corneille… et les autres, Zimmer Bradley et Tolkien, qui ne sont entrés dans ma vie que tellement plus tard.

    Au cours de ma carrière, j’ai eu maintes occasions d’échanger avec les jeunes universitaires qui ambitionnaient de conduire leurs mémoires de Master ou thèses de doctorat sur ce sujet, si contestable « des mauvais genres », et en particulier sur mon travail. J’ai pu constater que les obstacles qu’ils affrontaient étaient importants, mais aussi, heureusement, s’érodaient avec le temps (et sous les effets de leur acharnement, je n’en doute pas !).
    Mais ce clivage, si véridique, que vous surlignez, les auteurs le subissent également de plein fouet. Et je ne peux compter le nombre de fois ou, lors d’interviews, un grand silence blanc suivit mes réponses à la lassante question rituelle : « quels sont les auteurs qui vous ont influencée ? »
    Qui ? Shakespeare, Corneille, Anouilh, Giraudoux, Gide, Oscar wilde, Flaubert, Cioran, Hélène Cixoux, Yourcenar, Dumas, Kundera, Pavic, Dostoievski, Homère, Sophocle, Rostand (ah, Cyrano, 100, 1000, un million de fois…) Ayn rand, Steinbeck, Edith Wharton, les soeurs Brontë, Virginia Woolf, Danielewski, et les poètes, tant et tant, au premier chef Eluard (l’irremplaçable, toujours & toujours) Yeats, de la Mare, Tennyson, Dickinson, Dylan Thomas, William Blake, Baudelaire, Rimbaud, Saint John Perse, Wordsworth, de Vigny, Ginsberg…
    « Et… en imaginaire ? » (osait l’interviewer après le silence précité) Il y en a aussi, mais ils sont tellement moins nombreux. Et pour cause : ils sont trop proches. Il serait dangereux de laisser cette infusion passer de leurs pages aux miennes. Mais oui, je lis _autant_ d’imaginaire que de littérature générale, ou contemporaine. Et la beauté des lignes des autres, c’est cela qui « nous met en route », nous rappelle le plaisir bouleversant qu’il y a à aligner et polir les mots. Ces autres, alors, c’est l’étincelle du désir. C’est la main tendue à travers le silence, qui nous relève et nous renvoie vers la page. Mais l’inspiration ? Je ne crois pas. Pour s’inspirer, il faut aller loin de chez soi, de préférence.

    En tant que lectrice, toutefois, je ne fais pas de différence de degré. Le polar, la SF, le fantastique, la fantasy m’apportent _autre chose_ que la littérature générale ou classique, voilà tout. Le choix est question de moment, de besoin, d’ambiance recherchée, comme on sélectionne une destination de voyage. C’est une question de saison et de de lunaison, rien d’autre. Jamais une question de « facilité », et pour cause : entre certains auteurs de « blanche » et Asimov ou Tolkien, il y a un gouffre intellectuel vertigineux, et il est entièrement au bénéfice des lettrés qu’étaient Asimov et Tolkien. Leur érudition, leur intelligence et leur culture étaient si vastes qu’ils nous obligent inlassablement à « redémarrer la nôtre », à creuser, à apprendre. Et tout autant à ressentir. Quel étrange phénomène, alors, que de hiérarchiser la valeur d’un auteur selon non ses capacités et sa pertinence, mais d’après le « genre » (supposé bon ou mauvais) dans lequel il a choisi d’exprimer sa pensée !
    C’est tout autant, par ailleurs, oublier que les sujets les plus complexes réclament l’aide de la métaphore, pour être abordés de profil, et mobiliser à la fois l’intellect et l’intuition.
    Mais o classera plutôt, dans l’optique de « blanchir » les couvertures et de les rendre respectables, les thriller occultes de Dan Brown, et les histoires de fantômes de Levy au rayon LittGen. Cela reste du fantastique, mais sous étiquette mainstream, et donc acceptable (chuuuuut….).

    De l’autre côté du rideau, les éditeurs avertissent avec véhémence les cracks de leurs écuries qu’il ne convient *pas*, pour un auteur d’imaginaire, de sortir de la niche où il a emporté ses premières batailles. Que « le lecteur (ce sot) ne comprendra pas, et que les confrères, irrités par ce ‘tir contre notre propre camp’ ne le leur pardonneront jamais ».
    Pour conserver l’intérêt du lecteur et le respect / la bienveillance de ses pairs, l’auteur doit choisir une case, et _s’y tenir_. Passer de la fantasy au fantastique est déjà passement osé, comme j’en fis le constat. Mais aller vers la littérature expérimentale, le réalisme magique, la littérature générale ou la poésie… n’en parlons pas !
    Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que certains auteurs choisissent d’utiliser un pseudonyme différent selon les « rayons » et genres.
    Et au-delà des poncifs que l’on pourrait souhaiter qualifier d’éculés, force est de constater qu’il est apparemment difficile pour les lecteurs, même éclectiques, d’opérer facilement ce pas entre les genres. Ils ont aimé une ambiance, une ‘couleur’, un genre, oui, et tentent de retrouver la même sensation, sans oser forcément aller vers des opus du même auteur, mais dans un genre différent.
    Pour l’auteur, ce système est un étouffoir. Il sera bien vite cantonné, s’il ne se rebiffe pas, à répéter sans arrêt la même histoire, et à stagner.

    C’est un prisme, au final, auquel toute la chaîne apporte sa facette. Comment en sortir ? La question se pose ! Mais dans l’attente, tout plaidoyer contre ce petit manège est un plaisir à lire, et un baume au coeur.
    Merci donc à nouveau, Miss Luciole !

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    • Quelle belle surprise de rentrer de vacances et de voir que vous êtes passée par ici!… Merci pour ces beaux compliments qui m’honorent, je suis (plus que) ravie que ce petit billet vous ait plu. Vraiment, merci!

      J’ai fait partie, je l’avoue, des étudiant.e.s qui vont ont sollicitée jadis pour un mémoire!… Que je n’ai d’ailleurs jamais osé vous envoyer par la suite car je n’en étais pas assez satisfaite… mea culpa! Je me souviens d’ailleurs que ma directrice de l’époque, spécialiste du théâtre symboliste/fin de siècle et fan de fantasy, cachait ses volumes de L’Assassin Royal quand elle se rendait en salle des professeurs, de peur d’être jugée par des collègues bien peu ouverts d’esprit… Je constate que cela a déjà bien changé depuis! Le premier colloque universitaire des Imaginales a eu lieu cette année, et j’espère qu’il est le premier d’une longue série et que l’université et les littératures de l’imaginaire vont continuer de s’amadouer mutuellement 🙂

      Merci pour cette belle liste d’influences! Nous avons un certains nombre de ces fantastiques auteurs.ices en commun. Et oui, pourquoi se cantonner aux influences acceptables dans le « genre » donné? Je me souviens avoir écrit, il y a quelques années, une nouvelle d’anticipation sur le thème des livres interdits et brûlés qui était, pour moi, bien plus inspirée par L’Oeuvre au noir que par Bradbury… Les influences ont parfois un fonctionnement mystérieux quand elles tissent en nous leur réseau !

      Le « blanchissement » des œuvres de SFFF est un phénomène qui ne cesse de me stupéfier… et qui aura toute sa place dans ma thèse, je pense! J’avais été sidérée par La Vie des Elfes de Muriel Barbery paru chez Gallimard… Autrice qui « n’assume » pas de passer du côté des littératures « de genre »? Ou le processus quasiment inverse: la récente réédition de la nouvelle « Quand Blandin fut perdu » de J.P. Jaworski en poche chez Folio. Dans ce sens-là, je reste assez mitigée… D’un côté je m’insurge de la « récupération » par la blanche des belles œuvres d’imaginaire, de l’autre, j’admets que ces rééditions offrent aux lecteurs rebutés par les rayons SFFF la possibilité de dépasser leurs préjugés. De se rendre compte que les littératures de l’imaginaire sont aussi de la littérature, tout court.

      C’est un tout cas un plaisir de découvrir vos nouvelles œuvres, sorties de tous ces carcans éditoriaux! Votre choix courageux de sortir de ce système a permis la naissance de livres que je chéris déjà profondément. Merci de partager avec nous ces textes « libérés » et superbes (Possession Point… ❤ )

      Sur ce, encore toute à ma joie d'avoir un commentaire de votre part sur ce petit blog, je vous souhaite une très belle (fin) d'été!

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